Question de M. MAUREY Hervé (Eure - UC) publiée le 11/12/2025
M. Hervé Maurey attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les dépenses de communication de l'assurance maladie.
Selon les informations du Canard Enchaîné, la caisse primaire d'assurance maladie a lancé un appel d'offres pour « conseil et assistance pour l'élaboration et la mise en oeuvre de sa stratégie sur les réseaux sociaux » visant à attribuer à un prestataire externe un marché d'une valeur de 2,1 millions euros sur 4 ans, soit plus de 500 000 euros par an pour publier quelques messages hebdomadaires de prévention sur les réseaux sociaux.
Alors que le Premier ministre a annoncé le 31 octobre 2025 qu'il compte réduire de 300 millions euros les dépenses de communication de l'État en 2026 par rapport à 2025, il souhaite connaître l'avis du Gouvernement concernant cet appel d'offres et les conclusions qu'il compte en tirer.
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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 20/08/2026
La circulaire du Premier ministre du 4 octobre 2025 engage l'État et ses opérateurs dans une démarche de maîtrise des dépenses de communication. Les organismes de sécurité sociale s'inscrivent pleinement dans cette orientation de sobriété des dépenses de communication en rationalisant leurs actions, en mutualisant leurs achats et en concentrant leurs moyens sur les missions ayant un impact direct pour les assurés. Une attention particulière est par ailleurs portée à la coordination des campagnes de communication de l'État et des organismes de sécurité sociale en matière de santé publique. Le plan de communication de l'État, validé le 31 mars 2026, définit des objets prioritaires de communication, dans lesquels s'inscrit pleinement la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), notamment en ce qui concerne l'objet « prévention et santé publique ». Ainsi, le marché évoqué ne se limite pas à la publication de contenus sur les réseaux sociaux mais porte sur des prestations essentielles au fonctionnement d'un service public national fortement exposé : modération quotidienne des comptes, gestion des interactions avec les assurés, veille de crise, détection et traitement des contenus trompeurs ou malveillants, ainsi qu'un accompagnement stratégique permettant d'adapter les messages de prévention. Ces missions s'inscrivent directement en application des objectifs assignés à la CNAM dans le cadre de la convention d'objectifs et de gestion qu'elle a signée avec l'État et requièrent une expertise spécifique et une disponibilité étendue, dans un environnement où les enjeux de santé publique sont particulièrement sensibles. L'Assurance maladie joue en effet un rôle central dans la diffusion d'informations fiables en matière de prévention, d'accès aux droits et de sécurité sanitaire. Dans un contexte marqué par la circulation rapide de fausses informations, notamment en matière de santé, la capacité à détecter, corriger et prévenir la désinformation constitue un impératif de service public. Les réseaux sociaux sont aujourd'hui un vecteur majeur d'information pour des millions d'assurés ; ils doivent donc être investis de manière professionnelle et réactive par les services publics. Le montant du marché, conclu pour quatre ans, doit ainsi s'apprécier à l'échelle d'un opérateur national qui s'adresse à plus de soixante millions d'assurés et dont les communications ont un impact direct sur les comportements de prévention et la confiance dans le système de santé, en lien avec les engagements et orientations que le Gouvernement promeut pour le service public de la sécurité sociale. Il ne remet par ailleurs pas en cause la réduction des dépenses de communication de la CNAM prévue en 2026 par rapport à 2025.
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