Question de Mme NARASSIGUIN Corinne (Seine-Saint-Denis - SER) publiée le 11/12/2025
Mme Corinne Narassiguin attire l'attention de M. le ministre de la ville et du logement sur l'accompagnement des habitants de quartiers en rénovation ou en destruction, et les difficultés qu'ils rencontrent pendant cette phase de transition. Alors que de nombreux projets de réhabilitation urbaine sont lancés dans l'objectif d'améliorer les conditions de vie des résidents, il est essentiel que ces projets soient accompagnés de mesures concrètes pour garantir que la qualité de vie des habitants ne se détériore pas pendant les travaux, voire avant la réhabilitation effective des logements.
Des problèmes de salubrité graves, tels que de l'humidité persistante et des moisissures, des nuisibles non ou mal traités, ainsi que des dysfonctionnements réguliers de nombreux équipements tels que les ascenseurs et les interphones, rendent le quotidien des habitants de ces sites de plus en plus difficile. À cela s'ajoute une gestion déplorable des espaces communs et de la voirie. Au-delà des aspects matériels, la dimension psychologique est forte. Cette situation pèse lourdement sur la santé mentale des résidents, qui se sentent abandonnés, moralement atteints et vivent dans un climat de dégradation humiliant. Ce phénomène s'observe notamment à Villemomble (93), dans le quartier des Marnaudes, où elle a été alertée par les résidents, réunis en collectif, lors de sa visite le 22 septembre 2025. Malgré le projet de rénovation en cours, ces problèmes perdurent, et l'incertitude sur les délais de réhabilitation ne fait qu'aggraver leur frustration et leur sentiment d'abandon. Bien qu'il s'agisse de projets positifs à long terme, il est impératif que ces démarches soient assorties d'une gestion plus réactive et plus humaine pour éviter que les habitants ne soient délaissés dans l'attente d'un avenir incertain.
Ainsi, elle lui demande quelles mesures il compte mettre en place pour garantir un soutien renforcé aux habitants des quartiers en rénovation ou en destruction, pour veiller à ce que les bailleurs sociaux remplissent leurs obligations en matière de maintenance, de salubrité et de sécurité, et enfin clarifier les calendriers de démolition et de réhabilitation.
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Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité publiée le 09/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 08/01/2026
Mme la présidente. La parole est à Mme Corinne Narassiguin, auteure de la question n° 830, adressée à M. le ministre de la ville et du logement.
Mme Corinne Narassiguin. Ma question s'adresse au ministre de la ville et du logement.
Alors que de nombreux projets de réhabilitation urbaine sont lancés en vue d'améliorer les conditions de vie des résidents, il est essentiel qu'ils s'assortissent de mesures concrètes visant à garantir que la qualité de vie des habitants ne se détériore pas pendant les travaux, jusqu'à la réhabilitation effective des logements.
De graves problèmes de salubrité - humidité persistante, moisissures, prolifération de nuisibles non ou mal traités, etc. - ainsi que des dysfonctionnements réguliers de nombreux équipements, comme les ascenseurs et les interphones, rendent le quotidien des habitants de ces sites de plus en plus difficile. À cela s'ajoute une gestion déplorable des espaces communs et de la voirie.
Au-delà des aspects matériels, la dimension psychologique est forte. Cette situation pèse lourdement sur la santé mentale des résidents, qui se sentent abandonnés, moralement atteints, et vivent dans un climat de dégradation humiliant.
Ces phénomènes s'observent notamment à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, dans le quartier des Marnaudes. J'ai été alertée à ce propos par les résidents réunis au sein d'un collectif : malgré le projet de rénovation en cours, les problèmes que j'ai évoqués perdurent et l'incertitude qui pèse sur les délais de réhabilitation ne fait qu'aggraver leur frustration et leur sentiment d'abandon.
Les habitants du quartier Gabriel-Péri à Aubervilliers sont confrontés à des problèmes similaires.
Bien que de tels projets de réhabilitation urbaine soient nécessaires, il est impératif qu'ils soient assortis d'une gestion plus réactive et plus humaine, pour éviter que les habitants ne soient délaissés dans l'attente d'un avenir incertain.
Je vous demande donc quelles sont les mesures que le Gouvernement compte prendre pour garantir un soutien renforcé aux habitants des quartiers en rénovation ou en destruction, pour veiller à ce que les bailleurs sociaux remplissent leurs obligations en matière de maintenance, de salubrité et de sécurité, et pour clarifier les calendriers de démolition et de réhabilitation.
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Michel Fournier, ministre délégué auprès de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité. Je répondrai au nom de mon collègue Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.
Madame la sénatrice, vous appelez son attention sur la mise en oeuvre du projet de renouvellement urbain de Villemomble, en particulier sur les nuisances liées au chantier et, surtout, sur l'avancement du calendrier.
Les nuisances qui ont été signalées sont circonscrites à un secteur précis dépendant d'un bailleur unique et relèvent de la gestion du chantier de démolition.
Ces difficultés sont connues du porteur du projet et du maire et font l'objet d'un suivi attentif.
Plusieurs mesures concrètes ont d'ailleurs été prises : participation mensuelle du porteur de projet aux réunions de chantier ; permanence hebdomadaire d'un chantier d'accompagnement social financé par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) ; mobilisation régulière des élus ; échanges avec le délégué territorial du bailleur et le délégué du préfet ; intervention des prestataires du bailleur sur les sujets sensibles, notamment le chauffage et les ascenseurs.
Des actions de gestion urbaine de proximité sont également conduites. Entre avril 2024 et juin 2025, cinquante permanences ont ainsi été tenues.
En ce qui concerne le calendrier, le projet avance globalement de manière satisfaisante. Un décalage d'environ un an est toutefois constaté pour ce qui est du relogement. La phase 1 est achevée, mais la phase 2 progresse à un rythme plus lent, ce qui reporte sa fin à 2027 au lieu de 2026.
Une incertitude subsiste quant à l'engagement du bailleur concernant la troisième phase de démolition, non financée par l'Anru, alors même que - vous l'avez souligné - les locataires concernés sont aujourd'hui les plus exposés aux nuisances et au manque de visibilité sur le relogement.
Ces points ont été examinés lors d'un comité de pilotage qui s'est tenu récemment, le 19 décembre dernier. Il a été décidé d'organiser, dans les toutes prochaines semaines, une réunion spécifique associant l'ensemble des partenaires, afin d'apporter les réponses que vous demandez.
Soyez donc assurée, madame la sénatrice, que l'État, en lien étroit avec l'Anru et avec l'ensemble des acteurs concernés - collectivités, bailleurs -, est pleinement attentif aux difficultés que vous avez relevées.
Mme la présidente. La parole est à Mme Corinne Narassiguin, pour la réplique.
Mme Corinne Narassiguin. Je resterai vigilante quant au suivi de ce projet par l'État. Si les habitants se sont constitués en collectif, c'est bien que toutes ces mesures se sont avérées, jusqu'à présent, totalement insuffisantes.
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