Question de Mme OLLIVIER Mathilde (Français établis hors de France - GEST) publiée le 15/01/2026
Question posée en séance publique le 14/01/2026
M. le président. La parole est à Mme Mathilde Ollivier, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Mme Mathilde Ollivier. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
Monsieur le ministre, dix-sept jours ; dix-sept jours que les Iraniennes et les Iraniens manifestent chaque soir ; dix-sept jours qu'ils défient le régime des mollahs.
Au compte-gouttes et malgré le blackout imposé, les images et les informations nous arrivent des morgues dans lesquelles les corps s'alignent, des proches auxquels on demande de payer les balles qui ont servi à tuer leurs enfants, des gardiens de la révolution qui entrent dans des hôpitaux pour enlever les manifestants blessés.
La seule arme qu'il reste à Khamenei et à ses sbires pour se maintenir en place est d'assassiner leur propre population.
Massoud Zatparvar, sportif reconnu, a été assassiné le 7 janvier. Nous ne l'oublions pas.
Nous n'oublions pas non plus Robina, Ebrahim, Shayan, Reza, Mahsa et les milliers de femmes, d'hommes, d'enfants.
Les mots de Massoud résonnent toujours : les vrais héros mènent leurs actions dans la solitude, parce qu'ils le font pour eux-mêmes ; ils ne cherchent pas l'admiration ou l'approbation.
La résistance continue. Les locaux des gardiens de la révolution sont incendiés, les organes de propagande du pouvoir attaqués, les soutiens du régime ciblés et les défections toujours plus grandes dans ses rangs.
Le peuple iranien tient, il défie la mort, la torture, l'emprisonnement, pour une chose : sa liberté. Nous leur exprimons tout notre soutien.
Le régime sanguinaire de la République islamique est plus affaibli que jamais. Nous avons le pouvoir d'agir. La France et l'Union européenne doivent soutenir les manifestations.
Monsieur le ministre, inscrivons le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes.
Fermons l'ambassade et renvoyons les diplomates de ce régime illégitime.
Gelons les avoirs en France et en Europe des dirigeants iraniens et de leurs proches.
Qualifions les exactions de ce régime pour ce qu'elles sont : des crimes contre l'humanité. À ce titre, convoquons le Conseil de sécurité de l'ONU.
Monsieur le ministre, chaque jour, chaque heure compte. Aujourd'hui, quels engagements prenez-vous devant la représentation nationale ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER, INDEP et CRCE.)
Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 15/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 14/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice, vous avez, vous aussi, rappelé le courage inouï des Iraniennes et des Iraniens, qui sont prêts à prendre tous les risques au service de leur liberté et de celle de leurs enfants.
Dans ce contexte, après avoir qualifié les faits et pris de premières mesures - j'ai notamment évoqué la convocation de l'ambassadeur et le travail initié sur la question des sanctions -, nous oeuvrons selon quatre axes d'effort.
Le premier axe - vous ne pourrez y être insensible - est la sécurité de nos ressortissants, qui sont au nombre d'environ un millier en Iran. Nous les contactons les uns après les autres pour leur transmettre les consignes de sécurité. Et je n'oublie pas nos deux compatriotes, Cécile Kohler et Jacques Paris, qui sont aujourd'hui en sécurité à l'ambassade de France à Téhéran.
Le deuxième axe d'effort concerne les sanctions. Je rappelle que le corps des gardiens de la révolution est déjà sanctionné au titre de trois régimes de sanctions européens différents. De nouvelles désignations interviendront, je l'ai dit.
Le troisième axe d'effort est le soutien à la société civile iranienne. De ce point de vue, nous explorons un certain nombre de pistes et je remercie les parlementaires, députés ou sénateurs, qui ont formulé des propositions sur lesquelles nous travaillons.
Enfin, le quatrième axe d'effort est d'anticiper ce qui peut advenir, notamment en cas d'intervention étrangère. Une telle intervention ferait courir un risque d'embrasement régional qui aurait des conséquences sur la sécurité de nos emprises et sur celles de nos partenaires, avec lesquels nous entretenons un dialogue constant.
Sous l'autorité du Premier ministre, le Gouvernement est mobilisé selon ces quatre axes d'effort pour apporter des réponses aux attentes du peuple iranien et assurer la sécurité de nos compatriotes. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
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