Question de Mme MARGATÉ Marianne (Seine-et-Marne - CRCE-K) publiée le 22/01/2026

Question posée en séance publique le 21/01/2026

M. le président. La parole est à Mme Marianne Margaté, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K.)

Mme Marianne Margaté. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, je suis sénatrice de Seine-et-Marne. J'habite à Mitry-Mory, j'y suis élue et c'est avec émotion que je m'exprime aujourd'hui.

Mardi 13 janvier dernier, Camélia, jeune lycéenne de 17 ans, s'est suicidée. Un ciel de plomb s'est abattu sur notre ville.

Ses parents, sa famille et ses amis ont perdu Camélia ; Mitry-Mory a perdu une de ses enfants ; les élèves du lycée Honoré de Balzac ont perdu une camarade ; la communauté éducative a perdu une élève.

Évoquer ce drame dans cet hémicycle donne toute sa force à la compassion et au soutien que la Nation exprime à sa famille, ravagée. C'est aussi une marque d'attention à notre jeunesse, bouleversée. Le suicide de Camélia, le suicide d'un enfant, est un échec terrible.

Il n'est pas ici question d'établir les responsabilités ou de caractériser la nature du harcèlement scolaire. La justice doit faire son travail.

Monsieur le ministre, je sais que vous avez diligenté une mission d'inspection et que le procureur a ouvert deux enquêtes pour faire la lumière sur cette tragédie.

Les enquêtes doivent suivre leur cours : elles sont menées par les autorités habilitées et non par les journalistes, les responsables politiques ou je ne sais quels relais d'opinion dont les réseaux sociaux sont friands.

La colère et l'exigence de justice de la famille sont légitimes. La haine en ligne, elle, est inacceptable.

Jeudi et vendredi derniers, des rassemblements se sont tenus devant l'établissement : lycéens, proches de Camélia, parents d'élèves, professeurs, agents du lycée, élus étaient présents, dans la dignité.

Ces moments douloureux réclament les actes élémentaires que nous inspire notre humanité : partager le deuil, réconforter, écouter.

Dans les bras de l'émotion partagée, les 300 lycéens rassemblés pour Camélia ont dit : « Écoutez-nous ! » Monsieur le ministre, seront-ils entendus ? Notre jeunesse sera-t-elle protégée ? (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE-K, SER, GEST, RDSE et UC, ainsi que sur des travées des groupes INDEP et Les Républicains.)

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 22/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 21/01/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice, je vous remercie de vos mots si justes et si pondérés face à ce drame absolu. Aucune parole ne permet de rendre compte de la douleur de la famille, de la souffrance vécue par la jeune fille avant de mettre fin à ses jours ou du choc de la communauté éducative devant cette vie brisée, cette famille anéantie et ces proches dont l'existence est définitivement meurtrie.

Vous avez évoqué les mesures prises en réaction à ce drame, dont je me permets de redonner la chronologie.

Immédiatement après le drame, une cellule psychologique a été mise en place pour les élèves et les personnels. Dès le jeudi matin, le procureur de la République a ouvert deux enquêtes judiciaires. Le même jour, j'ai personnellement ordonné une enquête administrative, conduite par l'inspection générale de l'éducation nationale. Trois inspecteurs généraux, désignés le vendredi, ont commencé leurs travaux ; ils me remettront leurs conclusions dans les plus brefs délais.

Je ne prendrai toutes les mesures qui s'imposent qu'à l'issue de cette procédure, et non avant, en fonction des éventuels dysfonctionnements, collectifs ou individuels, qui auront été révélés.

Au-delà, comme vous l'avez souligné - et je vous en remercie une nouvelle fois -, ces événements montrent qu'aujourd'hui encore le harcèlement ou les faits en question, quelle que soit leur qualification, tuent dans notre école. Malheureusement, chaque année, surviennent des drames à l'issue desquels nos jeunes mettent fin à leurs jours. Ce n'est pas acceptable.

Vous le savez, nous avons mis en place une politique de repérage et de prévention. Nous tentons également d'apporter une réponse par le biais du 3018 et des numéros académiques nationaux. Je peux vous garantir que nous poursuivrons ce combat, non seulement en mémoire de Camélia, mais aussi pour prévenir d'autres drames de même nature. Vous pouvez compter sur ma détermination et ma fermeté. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)

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