Question de M. BONNEAU François (Charente - UC-A) publiée le 29/01/2026

Question posée en séance publique le 28/01/2026

M. le président. La parole est à M. François Bonneau, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe INDEP. - Mme Samantha Cazebonne applaudit également.)

M. François Bonneau. Mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, plus de 30 000 jeunes Iraniens épris de liberté tués froidement par les bassidjis, des blessés dans tout le pays, traqués dans les hôpitaux pour être jetés en prison, des tortures insensées : le régime infâme des mollahs et des pasdarans s'enfonce toujours plus dans la terreur. Face à lui se dresse le formidable espoir d'un peuple attendant désespérément le soutien des nations libres, qui ne vient pas.

L'ayatollah Khamenei, despote enturbanné indifférent à la déliquescence de son pays, miné par l'inflation galopante, la corruption et le très coûteux soutien à toutes les milices chiites et au Hamas, brade son pétrole aux Chinois, soutient la Russie contre l'Ukraine et entrepose des milliers de missiles dans ses souterrains en attendant la bombe.

Après avoir poussé le peuple à se révolter, le président américain a honteusement abandonné les manifestants pour allumer des incendies au Venezuela, au Groenland et sur son propre sol.

Même si une partie de la flotte américaine se prépare probablement à une action imminente, que font les Européens et, plus spécifiquement, que fait la France, pour porter assistance à un peuple en danger, enfermé dans la terrible prison qu'est devenu son pays ?

Monsieur le ministre, ingérence ou indifférence ? Voilà ma question. (Applaudissements sur les travées des groupes UC et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes RDSE, LR, GEST et SER.)


Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 29/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 28/01/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, « indifférence », vraiment ? L'année dernière, la France a sans doute été le pays ayant exercé les plus fortes pressions contre ce régime, qui porte atteinte aux intérêts de son propre peuple, mais aussi aux intérêts de sécurité de nos pays partenaires dans la région, ainsi qu'à nos propres intérêts de sécurité.

Par trois fois, nous avons défini des sanctions que nous avons réussi à faire endosser par nos partenaires, en particulier européens, contre les responsables de transferts d'armes et de missiles à la Russie, mais aussi contre les responsables de la politique d'otages d'État, dont nos deux compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris sont encore les victimes.

Plus récemment, au mois de septembre dernier, c'est sur l'initiative de la France qu'a été réinstauré l'embargo contre les banques, les équipements nucléaires et les armes, qui avait été levé il y a dix ans, au moment de la conclusion de l'accord sur le nucléaire iranien.

Mme Mathilde Ollivier. Et maintenant ?

M. Jean-Noël Barrot, ministre. Oui, nous le constatons à mesure que nous parviennent des informations d'Iran, la violence d'État qui s'est aveuglément abattue sur les manifestants est caractéristique d'une répression violente, et même la plus violente de l'histoire contemporaine de l'Iran. Cette répression appelle, de la part de toutes celles et ceux qui, à travers le monde, soutiennent le peuple iranien et saluent le courage qu'il déploie, une réponse extrêmement forte.

Aujourd'hui, nous exigeons la libération des dizaines de milliers de prisonniers du régime. Nous appelons à la fin définitive de toute forme d'exécution dans le prolongement de la répression, ainsi qu'à la levée du blocus numérique qui empêche les Iraniens de communiquer et de témoigner de l'horreur qui s'est abattue sur eux.

Nous irons même plus loin, car il ne peut y avoir aucune immunité pour ceux qui se sont rendus responsables de ces crimes contre le peuple iranien et, d'une certaine manière, contre notre humanité tout entière.

C'est la raison pour laquelle nous avons saisi le Conseil des droits de l'homme, qui va diligenter une enquête sur les violations des droits de l'homme. (Marques d'ironie sur les travées des groupes Les Républicains, GEST et SER.)

C'est également la raison pour laquelle, demain, à Bruxelles, seront prises des sanctions européennes ciblant les principaux responsables de cette répression.

Enfin, c'est la raison pour laquelle nous poursuivrons le travail avec nos partenaires européens pour que tous les responsables soient traduits devant la justice et punis pour leur rôle...

M. le président. Il faut conclure !

M. Jean-Noël Barrot, ministre. ... dans la répression contre leur peuple. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Brigitte Bourguignon applaudit également.)

M. Philippe Grosvalet. Et Gaza ?

M. le président. La parole est à M. François Bonneau, pour la réplique.

M. François Bonneau. Merci de votre réponse, monsieur le ministre. L'Iran a connu les pires répressions de manifestants dans le monde depuis quarante ans. Malgré les réticences de tous les pays du Golfe, il faut en finir avec ce régime.

Ce n'est pas en nous cantonnant aux condamnations et aux sanctions contre ce régime, lesquelles donnent hélas ! le sentiment d'une forme de procrastination, que nous sauverons la vie des Iraniennes et des Iraniens, qui sont au comble du désespoir. (Applaudissements sur les travées des groupes UC et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes LR, GEST et RDSE.)

Page mise à jour le