Question de Mme LASSARADE Florence (Gironde - Les Républicains) publiée le 29/01/2026

Question posée en séance publique le 28/01/2026

M. le président. La parole est à Mme Florence Lassarade, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Florence Lassarade. Depuis la fin du mois de décembre 2025, une alerte sanitaire internationale majeure concerne des laits infantiles potentiellement contaminés par le céréulide, une toxine d'origine bactérienne.

Cette contamination vient d'une matière première essentielle à la composition des laits infantiles, une huile enrichie en acide arachidonique, fournie par l'industriel chinois Cabio Biotech, à Wuhan.

Dès le 26 décembre, les autorités et les industriels savaient que cette matière première était susceptible d'être contaminée.

Pourtant, les retraits-rappels se sont faits de manière progressive : d'abord, chez Nestlé, puis, plus tard, chez Lactalis, alors même que cet ingrédient est utilisé par une grande partie des fabricants mondiaux. Cette temporalité interroge, et ce d'autant plus que la liste des lots rappelés ne cesse de s'allonger.

Les familles sont inquiètes. Plusieurs dizaines de nourrissons ont présenté des symptômes digestifs sévères et deux décès font aujourd'hui l'objet d'enquêtes judiciaires. Même si aucun lien de causalité formel n'est établi à ce stade, l'émotion est forte et la confiance fragilisée.

Madame la ministre, pouvez-vous nous expliquer pourquoi il n'a pas été décidé dès le 26 décembre de procéder, au nom du principe de précaution, à un rappel plus large et immédiat ?

Quelles sont précisément les mesures mises en oeuvre par le Gouvernement pour garantir, aujourd'hui et demain, la sécurité sanitaire des nourrissons et restaurer la confiance des familles et des professionnels de santé ?

Enfin, alors que la France ne dispose d'aucun fabricant national pour cet ingrédient pourtant stratégique, ne faudrait-il pas envisager une relocalisation ou une sécurisation européenne de la production des composants clés des laits infantiles, afin de réduire notre dépendance et de prévenir de nouvelles crises sanitaires ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et INDEP.)


Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire publiée le 29/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 28/01/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. (M. François Patriat applaudit)

Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Madame la sénatrice Florence Lassarade, je vous remercie de cette question, qui est gravement d'actualité.

Je précise d'emblée : comme vous l'avez d'ailleurs vous-même rappelé, il n'y a pas de lien de causalité établi à ce jour entre le décès de ces nourrissons et ce lait infantile contaminé par les substances que vous avez parfaitement décrites. En tant que pédiatre, vous connaissez très bien ces questions.

Le ministère de l'agriculture est chargé de la sécurité sanitaire des aliments. C'est à ce titre que vous m'interrogez. Je me permets de vous rappeler quelle est la procédure.

Les entreprises qui produisent de l'alimentation, en l'espèce du lait infantile, sont tenues de faire des autocontrôles. Et c'est à la suite d'un autocontrôle que l'entreprise Nestlé a détecté une anomalie, qu'elle a immédiatement informé les services déconcentrés de l'État et l'administration centrale et qu'elle a procédé le jour même à des retraits-rappels.

Il appartient aux services de l'État de veiller à ce que ces procédures soient bien respectées.

Vous me demandez pourquoi nous n'avons pas activé le principe de précaution en retirant massivement des laits infantiles en l'absence d'informations sur la cause de la contamination.

En l'occurrence, l'entreprise Nestlé a identifié la nature de la contamination quelques jours après. Ayant repéré qu'il s'agit d'une substance possiblement utilisée par d'autres industriels, elle a immédiatement transmis l'information, qui a été diffusée sur le territoire national et européen. Les entreprises ont aussitôt procédé à des analyses et à des retraits-rappels au fur et à mesure qu'elles trouvaient trace de cette substance.

Les choses se sont faites de manière échelonnée, car, dès que des anomalies ont été détectées,...

M. le président. Il faut conclure.

Mme Annie Genevard, ministre. ... il a été procédé à des retraits-rappels. Mais cela n'a pas été le cas de tous les lots de lait infantile.

M. le président. Il faut conclure !

Mme Annie Genevard, ministre. Quoi qu'il en soit, la procédure a été très bien respectée par les services de l'État, madame la sénatrice.

M. le président. La parole est à Mme Florence Lassarade, pour la réplique.

Mme Florence Lassarade. La vraie solution est de produire tous les composants de laits infantiles en France, du moins en Europe. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe INDEP.)

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