Question de Mme JOSENDE Lauriane (Pyrénées-Orientales - Les Républicains) publiée le 29/01/2026
Question posée en séance publique le 28/01/2026
M. le président. La parole est à Mme Lauriane Josende, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Lauriane Josende. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Les Pyrénées-Orientales sont sous le choc : dans la nuit de jeudi à vendredi, à Glorianes, petit village paisible d'une vingtaine d'habitants, Tehina, 12 ans, s'est pendue à son domicile.
Je veux adresser ici mes pensées les plus sincères à ses proches, à ses camarades et à la communauté éducative.
Tehina a laissé une lettre dans laquelle elle évoque le harcèlement et ses souffrances. Si on a pensé dans un premier temps qu'il s'agissait de harcèlement scolaire, il semble que cette souffrance ait une autre cause. L'enquête pénale devra le déterminer.
En tout état de cause, l'éducation nationale ne peut pas tout. Au-delà des problèmes que pose aujourd'hui la faillite de la parentalité dans de trop nombreuses familles, ce drame ne doit pas s'ajouter aux autres sans réaction de votre part, madame la ministre.
Avant-hier, votre collègue Edouard Geffray évoquait lui-même dans les médias nationaux une augmentation de 80 % des suicides chez les jeunes depuis le covid, en particulier chez les jeunes filles.
Ces enfants sont les parents de demain. La dégradation de la santé mentale de nos jeunes est une véritable catastrophe sociale : si notre jeunesse est désespérée, c'est notre société qui s'écroule.
Aujourd'hui, il faut se rendre à l'évidence : la détection de cette souffrance extrême est une difficulté persistante. Or des solutions très simples existent.
Madame la ministre, j'appelle votre attention sur un dispositif qui fonctionne très bien, grâce au formidable travail réalisé par l'association Les Papillons, fondée et animée par un policier perpignanais, Laurent Boyet. Je tiens ici à le saluer pour son engagement exemplaire sur ces questions.
M. Hussein Bourgi. Très bien !
Mme Lauriane Josende. Cette association permet aux enfants, grâce à des boîtes aux lettres installées notamment dans les écoles et les établissements publics, de signaler leur détresse dans un anonymat, une confidentialité et une discrétion indispensables.
De nombreux maires ont compris ce dispositif et le soutiennent. Il faut dire qu'il a déjà prouvé son efficacité sur l'ensemble du territoire national, y compris pour les acteurs de la chaîne judiciaire.
Désormais, il est urgent que l'État s'engage à soutenir ce dispositif, ce qu'il peine à faire pour des raisons administratives tout à fait obscures. Désormais, ces boîtes aux lettres doivent être également installées dans les hôpitaux et les services pédiatriques.
Il y a urgence, madame la ministre. Il est important que vous fassiez de ces boîtes aux lettres un dispositif de détection agréé par l'État. Allez-vous vous engager en ce sens ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Hussein Bourgi applaudit également.)
Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 29/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 28/01/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, à qui j'adresse mes félicitations pour sa réélection. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
M. François Patriat. Bravo !
Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Je vous remercie, monsieur le président.
Madame la sénatrice Josende, permettez-moi d'abord de m'associer à la souffrance de cette famille. L'ampleur des fragilités en matière de santé mentale a conduit à ériger cette dernière en grande cause nationale de l'année 2025.
Dans ce cadre, plusieurs mesures ont été mises en place. Je citerai notamment le développement des maisons des adolescents (MDA), la mobilisation des équipes mobiles de pédopsychiatrie (EMP) et l'intervention des professionnels de la santé mentale.
Le ministre de l'éducation nationale et moi-même essayons d'accomplir ces actions et d'en augmenter le nombre en milieu scolaire.
Vous avez cité l'un des dispositifs connus de repérage précoce. Ces derniers nécessitent d'être développés. Les actions entreprises au cours de l'année 2025 doivent être amplifiées et multipliées.
La loi de financement de la sécurité sociale que vous avez votée accroît le budget alloué à la santé mentale, qui avait déjà augmenté de plus de 44 % entre 2020 et 2025. En 2026, il est prévu qu'il soit porté de 9 milliards à 13 milliards d'euros.
Les mesures en faveur de la pédopsychiatrie, qui concerne donc la santé mentale des enfants, voient aussi leur budget augmenter en 2026, de l'ordre de 3,1 %, soit 87 millions d'euros supplémentaires.
Je veux saluer la proposition de loi qui a été votée hier, à l'Assemblée nationale, et toutes les initiatives parlementaires concernant l'interdiction des réseaux sociaux. On connaît le retentissement de ces derniers et des écrans sur la santé physique et mentale.
Beaucoup de mesures ont déjà été prises ; je tenais à le dire, car on a parfois l'impression que rien n'est fait. Je veux saluer l'ensemble des professionnels qui s'occupent, chaque jour, de la santé mentale des jeunes et des moins jeunes. J'aurai bientôt l'occasion de faire un bilan des mesures prises ces dernières années dans le domaine de la santé mentale,...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Stéphanie Rist, ministre. ... notamment au cours de l'année 2025. Comme vous le savez, la santé mentale comme grande cause nationale sera reconduite en 2026. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
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