Question de M. HOCHART Joshua (Nord - NI) publiée le 15/01/2026
M. Joshua Hochart rappelle à M. le ministre de l'intérieur les termes de sa question n° 04216 sous le titre « Radicalisation et islamisme », qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour.
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 18/06/2026
En France, depuis janvier 2012, la menace terroriste jihadiste se maintient à un niveau élevé : 51 attentats jihadistes ont été perpétrés en France (dont 25 mortels) causant 275 morts, plus de 800 blessés et 94 projets violents ont été déjoués. On assiste depuis 2023 à un rajeunissement sensible et préoccupant des porteurs de projets violents dont les mineurs représentent désormais une part très significative. Les services du ministère de l'intérieur, et notamment la DGSI, cheffe de file en matière de lutte contre le terrorisme, demeurent pleinement mobilisés pour contribuer à la détection précoce des mineurs radicalisés susceptibles de s'engager dans une trajectoire violente. Les groupes d'évaluation départementaux (GED), réunis dans chaque département sous la direction des préfets, permettent le décloisonnement de l'information entre les acteurs de la réponse sécuritaire. Depuis 2022, la participation des directions académiques de l'éducation nationale (DASEN) aux réunions des GED permet d'assurer un partage de l'ensemble des informations pertinentes. Par ailleurs, la présence systématique lors de ces réunions d'un représentant du procureur de la République, favorise également une réponse judiciaire précoce, tant au titre de la protection des mineurs que de la répression. La sensibilisation et la formation des acteurs institutionnels sur l'ensemble du territoire est aussi un axe essentiel de la prévention et de la lutte contre la radicalisation, notamment des mineurs. La DGSI organise des sessions de formation et de sensibilisation favorisant la remontée d'informations et de signalements. Elle assure aussi le pilotage d'un réseau de conférenciers spécialisés chargé de la sensibilisation à la prévention et à la lutte contre la radicalisation (CS-RAD). Par son maillage territorial, avec ses 257 conférenciers spécialisés couvrant 89 départements hexagonaux et quatre ultramarins, le réseau renforce la capacité de détection en favorisant une meilleure prise en compte des indicateurs de radicalisation et maximisant le recueil de signalements. Également opéré par la DGSI, le centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR) gère une plateforme téléphonique qui recueille les signalements du public par un numéro vert dédié. Celle-ci joue un rôle clé dans la détection précoce de la radicalisation, notamment des plus jeunes. Le pilotage de la politique de prévention de la radicalisation a été confié au SG-CIPDR en lien avec l'UCLAT-DGSI. Le SG-CIPDR conçoit la politique publique, pilote les dispositifs de prise en charge et assure l'animation du réseau territorial. Le SG-CIPDR intervient sur les trois niveaux de prévention : primaire - par le biais de formations nationales, secondaire - en direction des publics bénéficiaires d'un suivi en cellule de prévention de la radicalisation et d'accompagnement des familles, dite « CPRAF » et tertiaire, avec les fins de suivis judiciaires. 1.Un cadre d'intervention : le plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) L'actuel plan national de prévention de la radicalisation, validé le 23 février 2018 par le Premier ministre, est réparti en 60 mesures déployées autour de 5 axes et fait l'objet d'une actualisation coordonnée par le SG-CIPDR. Plusieurs acteurs et professionnels de différents champs sont aujourd'hui mobilisés dans le cadre de la prévention de la radicalisation : acteurs ou opérateurs de l'État (Education nationale, FSI, justice, santé, affaires sociales), des collectivités locales (communes, conseils départementaux ) et de la société civile (associations d'éducation populaire, associations de soutien aux familles, points d'accueil écoute jeunes). L'enjeu prioritaire est d'adapter la réponse publique à l'évolution actuelle d'une menace plus endogène et à l'évolution des publics sur les trois niveaux de prévention. Une feuille de route interministérielle 2025-2027 a été recentrée sur la prévention de la radicalisation. Cette feuille de route se répartit en 37 mesures, dont 7 nouvelles par rapports au PNPR. Les enjeux sont les suivants : La promotion des valeurs républicaines et la prévention de la radicalisation en ligne, dans un contexte de rajeunissement des publics et de l'amplification du phénomène par les réseaux sociaux et les plateformes ; Le renforcement de l'expertise des professionnels (EN, acteurs du champ sportif mais également du monde de l'entreprise ) en matière de prévention de la radicalisation, sur l'ensemble du territoire. Au-delà des sessions de formation organisées par les acteurs de l'interministérialité à destination de leurs réseaux respectifs, le SG-CIPDR organise plusieurs sessions par an de sensibilisation (4 à 5 sessions accueillant jusqu'à 180 professionnels issus des différentes administrations, de conseils départementaux et du monde associatif) L'anticipation de l'évolution de la radicalisation à travers la mobilisation de la recherche. 2. Les moyens dédiés à la prévention de la radicalisation Le fonds interministériel de prévention de la délinquance consacre par an, depuis 2022 en moyenne 15,7 % de sa dotation globale à la prévention de la radicalisation, soit 9,7 Meuros. Compte tenu de la raréfaction de la ressource, les sommes dédiées aux actions de prévention, supérieures à 10 Meuros, ont connu une baisse à 6,6Meuros en 2024 pour remonter en programmation à 10,5 Meuros en 2025. La quasi-totalité de cette ressource est déléguée dans les territoires au profit des préfectures. 3. La prise en charge des publics signalés En 2025, les cellules de prévention de la radicalisation et d'accompagnement des familles (CPRAF) pilotées par le SG-CIPDR avec une vocation psycho-sociale, complémentaires de l'action des GED pilotées par la DGSI-UCLAT sur un plan sécuritaire, ont pris en charge 4 109 individus. Parmi eux, 65 % étaient de sexe masculin et 78 % avaient moins de 25 ans (la proportion de mineurs sur ces 4 109 individus était de 59 %). En 2025, 1 175 suivis ont été clôturés en CPRAF. Pour 82 % d'entre eux cela s'explique par la disparition des signaux faibles de radicalisation nécessitant une prise en charge (distanciation par rapport à l'idéologie radicale et à la violence, disparition des ruptures sociales conjuguée à une volonté de changement et de projection dans l'avenir) consacrant ainsi l'efficience des accompagnements proposés en CPRAF.
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