Question de Mme BRULIN Céline (Seine-Maritime - CRCE-K) publiée le 15/01/2026

Mme Céline Brulin attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur la situation de l'entreprise Arlanxéo en Seine-Maritime à la suite à l'annonce, en octobre 2025, de la fermeture du site de Lillebonne et lui demande quels sont les moyens envisagés par le Gouvernement afin de maintenir l'emploi et l'activité sur ce territoire.

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Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 21/01/2026

Réponse apportée en séance publique le 20/01/2026

Mme la présidente. La parole est à Mme Céline Brulin, auteure de la question n° 879, adressée à M. le ministre du travail et des solidarités.

Mme Céline Brulin. Madame la ministre, le 2 octobre dernier, la direction d'Arlanxeo a annoncé la fermeture de son site de Lillebonne, en Seine-Maritime, entraînant la suppression de 165 emplois directs dans un bassin industriel déjà fragilisé, notamment par la cessation des activités chimiques d'ExxonMobil. C'est un nouveau coup porté à notre industrie, à notre souveraineté industrielle et, plus largement, à une filière stratégique pour notre pays : la chimie.

Ces derniers jours, les représentants du personnel et les organisations syndicales ont finalement signé un accord portant sur un plan dit de sauvegarde de l'emploi (PSE), au terme de négociations particulièrement difficiles. Je tiens ici à saluer leur engagement. Ils ont fait preuve de ténacité, malgré un climat social extrêmement dégradé et un profond sentiment d'abandon de la part de l'État.

Soyons clairs, Arlanxeo n'est pas une entreprise en difficulté. Elle appartient au groupe Aramco, compagnie pétrolière saoudienne qui a réalisé plus de 100 milliards de dollars de profits en 2024 et versé des dividendes colossaux. Pourtant, les salariés ont été traités avec un profond mépris, tandis que le Gouvernement s'est illustré par son absence, n'occupant jamais la place que l'État devrait pourtant tenir aux côtés des salariés pour défendre notre industrie, nos savoir-faire et, bien évidemment, les salariés eux-mêmes.

Des solutions existent pourtant pour maintenir l'activité. Je songe notamment à la possibilité d'un approvisionnement en matière première via le site de TotalEnergies de Gonfreville-l'Orcher. Il existe un pipeline qui le permettrait. Ces pistes n'ont cependant jamais été sérieusement examinées, et encore moins soutenues par l'État, qui aurait pourtant dû jouer pleinement son rôle face à ces grandes firmes.

Le Gouvernement entend-il enfin agir pour empêcher que des entreprises ne quittent notre territoire en laissant derrière elles des salariés, des savoir-faire, des territoires entiers à l'abandon, sans la moindre garantie ? C'est plus que jamais indispensable, me semble-t-il, dans le contexte international que nous connaissons.

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée.

Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice Céline Brulin, je tiens tout d'abord à vous dire avec force que le Gouvernement est totalement mobilisé pour essayer d'empêcher les fermetures de sites industriels sur notre territoire et accompagner les salariés concernés en leur proposant des solutions grâce aux outils dont dispose l'État.

Vous exposez la situation de la Seine-Maritime qui, effectivement, vit une période de mutation industrielle majeure. Des projets industriels d'ampleur émergent grâce à la mobilisation de l'État et des acteurs locaux. En parallèle, on observe malheureusement des fermetures et des restructurations de sites historiques, comme celui de Lillebonne que vous avez évoqué, lequel est spécialisé dans la fabrication de caoutchouc synthétique.

Dans le contexte de l'annonce de la fermeture du site Arlanxeo, il a été décidé d'élargir le cadre de dialogue existant. Les discussions relatives au plan de sauvegarde se sont révélées complexes en raison de l'écart très important entre, d'une part, les revendications syndicales et, d'autre part, les concessions que l'entreprise était prête à accepter. Pour autant, avec l'appui de l'État, cette dernière a finalement accepté d'intégrer le budget du PSE dans les modélisations.

Il importe de souligner aussi la vigilance particulière des services de l'État dans ce dossier pour s'assurer du respect des règles relatives à la sécurité et aux conditions de travail des salariés.

Les élus, comme vous-même, madame la sénatrice, ont exprimé des préoccupations sur l'insuffisance des informations relatives à ces thématiques. La direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Drieets) envisage donc l'envoi d'un nouveau courrier d'observations, qui portera notamment sur la méthodologie des catégories professionnelles, les critères d'ordre, le redémarrage de l'activité et les risques psychosociaux, ainsi que sur le fonctionnement de la cellule d'écoute qui sera mise en place.

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