Question de M. STANZIONE Lucien (Vaucluse - SER) publiée le 05/02/2026
Question posée en séance publique le 04/02/2026
M. le président. La parole est à M. Lucien Stanzione, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
M. Lucien Stanzione. Monsieur le Premier ministre, fin décembre, un service de chirurgie rendait son dernier souffle à Apt, en Vaucluse. Perdre un service hospitalier, c'est perdre le droit de se soigner. La perception, le tribunal, la maternité : partis ! Et maintenant, la chirurgie...
C'est l'abandon. C'est comme si les habitants n'existaient plus. Un énième ministre de la santé a dit : « Les patients iront à Cavaillon ou Avignon » - soit à plus de cinquante kilomètres. Et de préciser : « Il ne faut pas confondre sécurité sanitaire et proximité territoriale ». Belle formule...
Sécurité ? Parlons-en. Un rapport accablant vient d'être publié sur la chirurgie à Avignon. Soins dégradés, pénurie de personnel, cadences inhumaines : un soignant sur cinq pense au suicide. En voilà une belle sécurité sanitaire !
Ce que vous faites à l'hôpital, vous le faites partout : l'école, la Poste, l'insertion, l'emploi... Un principe : la disparition des services publics.
Ainsi, dans un autre secteur, celui des missions locales, le budget pour 2026 prévoit une baisse de 8 %, malgré une mobilisation transpartisane des parlementaires. Résultat, dans le Vaucluse, 1 000 jeunes seront abandonnés à leur propre sort.
L'argent existe. Ce qui manque, c'est le courage d'aller le chercher là où il se trouve pour le mettre là où il faut.
Quand stopperez-vous le démantèlement des services publics ? Pour l'hôpital d'Apt, l'État reviendra-t-il sur cette fermeture, oui ou non ? La santé a peut-être un coût, mais elle n'a pas de prix pour nos concitoyens ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe SER. - M. Fabien Gay applaudit également.)
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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 05/02/2026
Réponse apportée en séance publique le 04/02/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Stanzione, merci pour votre question. L'inquiétude que vous relayez face à la fermeture d'un service de chirurgie illustre celle de beaucoup de sénateurs, dans de nombreux départements, face à l'arrêt de certains services dans des centres hospitaliers.
Cela arrive dans les cas où l'activité diminue. Au centre hospitalier d'Apt, il y avait un peu moins de 1 000 actes de chirurgie par an et le taux d'utilisation des salles opératoires était de 34 %. Cet établissement rencontrait des difficultés financières et le déficit induit par la chirurgie, de 13 millions d'euros, y représente à peu près 50 % du budget total. (Mme Annie Le Houerou s'exclame.)
Mme Marie-Pierre Monier. Il faut l'aider, plutôt !
Mme Stéphanie Rist, ministre. Il y a une question de démographie, avec un cercle vicieux : moins de patients, moins d'activité chirurgicale, etc.
Ce qui est important, c'est qu'un projet a été élaboré dans le cadre du groupement hospitalier de territoire, avec l'accompagnement de l'agence régionale de santé, afin de mettre en place une gradation des soins et un parcours pour nos concitoyens. L'essentiel est que ceux-ci puissent être pris en charge partout sur notre territoire.
Grâce à ce projet de gradation des soins au sein du groupement hospitalier de territoire, l'équipe chirurgicale de l'hôpital d'Apt opère maintenant à Cavaillon, mais les patients sont toujours suivis avant et après l'opération à l'hôpital d'Apt. Cette réorganisation a permis de labelliser cet établissement en hôpital de proximité, monsieur le sénateur. Outre un accompagnement de 10 millions d'euros proposé dans le cadre de cette réorganisation, il bénéficie désormais du financement lié à ce statut.
Loin d'être un abandon de nos concitoyens, il s'agit d'une réorganisation assurant une bonne sécurité de prise en charge et, surtout, l'arrivée de nouvelles missions dans le cadre des hôpitaux de proximité.
M. le président. La parole est à M. Lucien Stanzione, pour la réplique.
M. Lucien Stanzione. Madame la ministre, nous ne pouvons pas nous contenter d'une vision comptable de la santé et des services publics. Ce bassin de vie de 50 000 habitants se trouve désormais, malgré vos affirmations, dépourvu d'une couverture hospitalière à la hauteur. J'en connais dans cette assemblée qui ne me démentiront pas et qui sont éminemment intéressés par ce sujet.
Je souhaiterais que vous puissiez recevoir la maire d'Apt pour évoquer cette situation ; je vous rappelle que vous avez refusé de la recevoir. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
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