Question de M. ANGLARS Jean-Claude (Aveyron - Les Républicains) publiée le 05/02/2026

Question posée en séance publique le 04/02/2026

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Anglars, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - MM. Alain Marc et Guislain Cambier applaudissent également.)

M. Jean-Claude Anglars. Ma question, à laquelle je souhaite associer mon collègue Alain Marc, s'adresse à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

« Mon message sera clair : les engagements doivent être tenus [...], sur la revitalisation du site et le maintien des emplois [...]. Je m'y engage devant vous. »

Ces mots, monsieur le ministre, ce sont les vôtres. Ils concernent l'entreprise Bosch, et vous les aviez prononcés il y a près de trois ans, dans cet hémicycle. Ministre délégué chargé de l'industrie, vous répondiez à mes interrogations sur l'avenir des salariés du site d'Onet-le-Château, commune membre de Rodez agglomération, en Aveyron.

En juillet 2025, Marc Ferracci, alors ministre chargé de l'industrie et de l'énergie, se rendait sur place et affichait un optimisme rassurant. Pourtant, le 26 janvier dernier, lors du comité de suivi de l'usine, en présence de votre représentant, nos craintes se sont brutalement confirmées. Faute de perspectives, Bosch organise méthodiquement son désengagement. C'est un plan social qui ne dit pas son nom, caractérisé par une réduction drastique des effectifs et, surtout, par l'absence de projet industriel d'avenir.

Ce qui est en cause, ce sont les choix des gouvernements successifs. D'abord, la décision d'arrêter le moteur thermique a condamné le diesel hybride et sinistré la filière automobile française en abandonnant les équipementiers à leur propre sort. Puis, les pistes de diversification retenues, immatures ou trop peu soutenues, n'ont pu émerger. Ainsi, le projet FresH2 et sa pile à combustible hydrogène ont été enterrés en moins de deux ans, et la reconversion dans l'aéronautique ou l'armement, annoncée l'été dernier, semble déjà oubliée.

Monsieur le ministre, cette situation est inacceptable. Je vous le demande avec gravité : la France a-t-elle un projet industriel automobile ? Qu'envisage concrètement le Gouvernement pour garantir les reconversions attendues dans les territoires, notamment dans la commune d'Onet-le-Château ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - MM. Jean-Marc Vayssouze-Faure, Louis Vogel et Guislain Cambier applaudissent également.)

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Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 05/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 04/02/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Anglars, c'est un sujet difficile, que je suis depuis longtemps.

À Rodez, à Onet-le-Château, Bosch s'était engagé à assurer une diversification vers les piles à combustible hydrogène. Ce projet s'est avéré non concluant, et nous nous retrouvons aujourd'hui avec quelque 800 salariés, dont le nombre risque de se réduire à 600, puisque Bosch a annoncé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui dit bien son nom. L'entreprise ne se cache pas et s'engage à ce que ce PSE ne conduise à aucune suppression nette d'emplois, mais à des départs anticipés à la retraite et à des mesures d'accompagnement. Nous serons évidemment attentifs à ce que ces 200 départs se passent aussi bien que possible.

Le 26 janvier, par la voix de notre représentant, nous avons insisté sur le fait que Bosch devait tenir ses engagements de diversification. Vous y étiez, vous le savez bien. Sébastien Martin, qui me seconde sur l'industrie, suivra ce dossier de très près. Et nous continuerons à échanger avec Bosch pour qu'à Rodez - et ailleurs en France, où d'autres sites sont concernés - la transition, indispensable, entre le moteur thermique et les autres motorisations puisse se faire sans affaiblir durablement des territoires industriels comme le vôtre, dans l'Aveyron. Ce département est, à mon sens, un territoire d'avenir et doit le rester. Nous allons suivre cela de près et nous restons extrêmement exigeants avec Bosch, qui doit tenir ses engagements. Je m'y engage également.

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Anglars, pour la réplique.

M. Jean-Claude Anglars. Monsieur le ministre, j'entends votre réponse. Je vous invite, comme il y a trois ans, à venir en Aveyron pour expliquer tout cela aux élus et aux salariés de Bosch. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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