Question de Mme SOLLOGOUB Nadia (Nièvre - UC) publiée le 12/02/2026

Question posée en séance publique le 11/02/2026

M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - M. Marc Laménie applaudit également.)

Mme Nadia Sollogoub. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le 24 février 2022, la guerre d'agression de l'Ukraine par la Russie est entrée dans sa phase dite de haute intensité. Depuis cette date, les sujets de coopération militaire occupent largement nos débats. Mais aujourd'hui, nous constatons des attaques d'un nouveau genre.

Alors que la situation sur le front rappelle l'horreur des tranchées de 1914, alors que les frappes s'intensifient et que cette nuit encore trois petits enfants sont morts à Kharkiv, l'envahisseur russe cible désormais les infrastructures ukrainiennes en général, et les sites de production énergétique en particulier.

Les enfants, les familles, sont plongés dans le noir et le froid d'un hiver terrible. Les canalisations gèlent. On me parle de personnes à mobilité réduite coincées dans les étages d'immeubles sans chauffage, sans électricité, sans eau.

L'Europe s'est mobilisée depuis le premier jour pour soutenir la sécurité énergétique de l'Ukraine, synchronisant les réseaux électriques, fournissant plus de 12 000 générateurs, contribuant à mobiliser des fonds et signant des accords de garantie. Mais ce n'est pas suffisant.

Malgré leur résilience, malgré leur cran incroyable, les populations civiles n'en peuvent plus. M. l'ambassadeur d'Ukraine en France, Vadym Omelchenko, pour la première fois en quatre ans, a lancé un véritable appel au secours. Les associations se mobilisent.

Dans ce contexte critique, je souhaite savoir, monsieur le ministre, s'il existe à proprement parler une coopération civile française avec l'Ukraine sous votre pilotage. Quelles sont ses priorités et quel est son apport spécifique en matière énergétique ? (Applaudissements sur les travées des groupes UC, RDSE, RDPI, INDEP et Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes GEST et SER.)

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Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 12/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 11/02/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice et présidente du groupe d'amitié France-Ukraine, je salue votre engagement au service de l'Ukraine.

Vous l'avez rappelé, Vladimir Poutine, avec un cynisme sans équivalent, profite de la rigueur de l'hiver cette année en Ukraine - les températures atteignent -20, -30, parfois -40 degrés - pour tenter de provoquer une crise humanitaire, pour créer la terreur par le froid.

C'est ainsi qu'après un moratoire furtif sur les frappes ciblant les infrastructures énergétiques, ces frappes ont repris de plus belle le 3 février dernier, avec un déluge de 70 missiles et 450 drones qui se sont abattus sur les villes de l'arrière. Plus récemment, dans la nuit du 7 février, les infrastructures de production et de distribution énergétiques ont été délibérément ciblées.

À cela s'ajoute - vous y avez fait référence - le ciblage délibéré, pour la première fois depuis le début de la guerre, d'un train de voyageurs, qui a fait cinq morts, et d'un autocar, qui a fait douze morts. Cela porte un nom : ce sont des crimes de guerre, qui s'ajoutent aux nombreux crimes de guerre commis par Vladimir Poutine depuis bientôt quatre ans qu'il a lancé cette guerre d'agression injustifiable et injustifiée.

Face à cela, nous nous mobilisons d'abord pour répondre à l'état d'urgence énergétique décrété par le président Zelensky.

Le 23 janvier dernier, j'ai réuni, sous présidence française du G7, les partenaires de l'Ukraine qui sont engagés à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros. La France, quant à elle, a envoyé en urgence 150 générateurs, que le ministre délégué au commerce extérieur est allé réceptionner à Kiev. S'y ajoutent les 44 générateurs qui ont été envoyés par seize collectivités, dont je veux saluer l'engagement au sein de la campagne Des lumières pour l'hiver.

Mais l'essentiel de notre contribution est ce prêt de 90 milliards d'euros, qui doit permettre de placer l'Ukraine à l'écart des difficultés financières et qui a été adopté à l'instant par le Parlement européen, avec les voix de la quasi-intégralité des forces politiques, à l'exception de celles de M. Jordan Bardella et du Rassemblement national - ses amis et lui ont certainement choisi un camp ; de toute évidence, ce n'est pas celui de l'Ukraine... (Applaudissements sur les travées des groupes UC, RDSE, RDPI, INDEP et Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes GEST et SER.)

M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.

Mme Nadia Sollogoub. Ce pays, qui comptait plus de 40 millions d'habitants avant la guerre, en a perdu probablement 10 millions du fait des décès, de l'effondrement de la natalité, de la fuite massive vers l'étranger... Une nouvelle vague migratoire lui serait fatale.

Le soutien aux populations civiles est un enjeu stratégique majeur si l'on veut éviter que l'Ukraine ne périsse d'une mort démographique ! (Applaudissements sur les travées des groupes UC, RDSE, RDPI, INDEP et Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes GEST et SER.)

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