Question de M. ROS David (Essonne - SER) publiée le 12/02/2026

Question posée en séance publique le 11/02/2026

M. le président. La parole est à M. David Ros, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)

M. David Ros. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.

Monsieur le ministre, le mois de janvier est traditionnellement le mois des cérémonies de voeux dans nos territoires ; il est surtout celui du démarrage des voeux pour près de 1 million de lycéens sur la plateforme Parcoursup.

Cette année encore, même si l'outil s'est amélioré, Parcoursup demeure pour plus de 80 % des lycéens une source de stress. Parallèlement à cette démarche, ils enchaînent les salons, les journées portes ouvertes, se laissant souvent capter hors Parcoursup par des filières privées, convaincus ou aveuglés par une solution en apparence rassurante. Certaines structures à but lucratif profitent grandement de la faiblesse des familles dans cette période anxiogène.

Cette question sera abordée dans la foulée des questions au Gouvernement au travers de la proposition de loi visant à mettre fin aux pratiques commerciales abusives des établissements privés d'enseignement supérieur, déposée par mon collègue Yan Chantrel.

Au-delà de ce sujet particulier, il n'en demeure pas moins que 70 % des lycéens avaient sélectionné, en 2025, un cursus en licence. Nos universités vont donc une fois encore - et c'est bien normal - se retrouver en première ligne de l'accueil et de la formation d'une grande majorité des lycéens. Or vous n'êtes pas sans savoir dans quelle situation de tension financière elles se trouvent. La récente tribune de soixante présidents d'université alertant la Nation témoigne objectivement de la réalité vécue sur le terrain.

Au regard de cette situation, vous avez d'ailleurs lancé au mois de janvier dernier, monsieur le ministre, des Assises du financement des universités, annoncées dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026. Pourriez-vous nous préciser le cadre calendaire de ces assises et les pistes privilégiées pour augmenter, à terme, la dotation des universités ?

Enfin et surtout, au regard de la précarité grandissante d'un grand nombre d'étudiants, pouvez-vous nous assurer qu'il n'y aura pas d'augmentation des droits d'inscription universitaire à la rentrée prochaine ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)

- page 1195


Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace publiée le 12/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 11/02/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Monsieur le sénateur David Ros, permettez-moi, tout d'abord, de reprendre quelques points relatifs à Parcoursup.

Effectivement, 1 million de jeunes sont inscrits sur cette plateforme, dont 800 000 lycéens. Je tiens à vous rassurer : l'an dernier, ces chiffres étaient identiques, les formations tout comme les volumes de formation étaient les mêmes, et cette année comme la précédente tous les lycéens qui veulent poursuivre leurs études dans le supérieur trouveront une place sur Parcoursup.

Je connais votre engagement personnel, monsieur le sénateur, sur les enjeux universitaires, en particulier dans votre département.

Avec le Premier ministre, nous avons fait le choix de prioriser les questions relatives à l'enseignement supérieur et à la recherche, avec un budget de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires) qui augmente de 725 millions d'euros en 2026, par rapport à 2025. Ces moyens permettront de compenser une très grande partie des mesures obligatoires qui ont été imposées aux établissements.

Au-delà de cette question, notre modèle de financement des universités est-il satisfaisant aujourd'hui ? Doit-il être discuté ? Nous pensons que oui. C'est la raison pour laquelle nous avons lancé avec Amélie de Montchalin, il y a quelques semaines, les Assises du financement des universités, pilotées par deux personnalités, avec trois objectifs : dresser un état des lieux de la situation financière des établissements ; ouvrir un dialogue sur les contraintes de gestion qui pèsent sur les établissements et qui rendent parfois complexe l'utilisation des fonds disponibles ; opérer un repositionnement stratégique de la relation État-Université en dialoguant avec les collectivités territoriales, souvent très impliquées dans le financement des universités.

S'agissant spécifiquement des frais d'inscription des étudiants français, la question de les augmenter à un niveau soutenable en fonction du coût réel des formations est un débat légitime, qui a été soulevé par plusieurs présidents d'université.

Pour autant, cette décision ne saurait être prise sans que l'on ait apprécié pleinement son impact et sans tenir un débat largement partagé. Nous ne pouvons pas mettre en place une telle réforme à court terme, car les conditions ne sont pas réunies à ce jour. (MM. François Patriat et Martin Lévrier applaudissent.)

M. le président. La parole est à M. David Ros, pour la réplique.

M. David Ros. « Soutenir l'université, c'est avoir l'ambition de l'avenir », affirmaient dans leur tribune les soixante présidents d'université que j'évoquais. Faire le pari de la jeunesse, de sa formation, oui, cela a un coût important. Celui-ci doit être supporté non par la jeunesse, mais par la Nation, laquelle - nous en sommes convaincus - sera largement remboursée. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)

- page 1195

Page mise à jour le