Question de Mme DREXLER Sabine (Haut-Rhin - Les Républicains-A) publiée le 12/02/2026
Question posée en séance publique le 11/02/2026
M. le président. La parole est à Mme Sabine Drexler, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Sabine Drexler. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur.
Monsieur le ministre, le 29 janvier dernier, une performance réalisée par des étudiants de l'école supérieure d'art de Mulhouse, qui mettait en scène la destruction d'une piñata représentant une voiture de police, a suscité, et suscite toujours, une vive polémique et des réactions contrastées.
Sans préjuger des intentions des auteurs ni qualifier juridiquement cette performance, il peut sembler légitime de s'interroger sur l'opportunité d'une telle mise en scène, dans un contexte où les forces de l'ordre sont exposées, comme rarement elles l'ont été, à une violence accrue, à une remise en cause régulière de leur action et à une défiance préoccupante d'une partie de la société.
Dans ce climat, toute représentation symbolique touchant à l'institution policière est forcément chargée de sens et susceptible d'interprétations multiples.
Certes, les piñatas en forme de voiture de police sont des objets commerciaux accessibles en ligne, classiques des anniversaires d'enfants, dont la destruction relève d'un registre ludique.
Toutefois, leur utilisation dans le cadre d'une performance artistique publique par des adultes et au sein d'un établissement d'enseignement supérieur peut poser la question de la responsabilité attachée au choix des symboles mobilisés.
Monsieur le ministre, comment appréciez-vous l'opportunité et la portée de ce type de performance au regard du climat social actuel et des enjeux liés au respect des forces de l'ordre ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 12/02/2026
Réponse apportée en séance publique le 11/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, je partage évidemment votre indignation. J'ai été tenu informé quasiment en temps réel de cet événement. Il s'agissait d'un événement culturel, artistique, qui consistait, pour des élèves, à détruire un véhicule de police à l'intérieur duquel avaient été insérés des messages supposés symboliser des « violences policières ». Tel était le projet pédagogique et artistique de l'école.
J'ai été en contact avec le préfet du Rhin, qui a engagé une procédure au titre de l'article 40. Nous avons saisi la justice. Nous avons condamné ces faits avec la plus grande fermeté, immédiatement.
Ces actes sont intolérables. Que traduisent-ils, finalement ? Peut-être le fait que, dans certains milieux, nous avons besoin d'un choc d'autorité - on en parle souvent, et il est nécessaire à tous les étages ! Les policiers et les gendarmes dans notre pays ne peuvent pas tout contre des délinquants, contre le non-respect de l'autorité policière. À chaque niveau, il faut que nous rappelions ce qu'est l'autorité : dans le milieu familial, dans le milieu parental, comme dans le milieu de l'éducation, notamment universitaire.
Je le redis, ce qui est arrivé est tout à fait intolérable. Nous ne laisserons jamais passer de tels actes. Une enquête judiciaire est en cours. Des contacts ont été pris avec les responsables de l'établissement pour leur demander de s'expliquer - cela ne relève pas de la compétence du ministre de l'intérieur.
Soyez assurée que nous ne laisserons pas passer ce type de projets artistiques, qui sont vraiment d'un goût très douteux : j'espère qu'ils tomberont sous le coup de la loi et que les personnes qui en étaient à l'origine seront sanctionnées. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Mickaël Vallet. Il fallait vous rendre sur place !
M. le président. La parole est à Mme Sabine Drexler, pour la réplique.
Mme Sabine Drexler. Monsieur le ministre, vous avez raison, le cas de Mulhouse n'est pas isolé, mais il est le symptôme d'un manque d'encadrement clair de certains établissements d'enseignement supérieur.
Dans ces établissements, on assiste à des blocages et à des entraves à la liberté académique ; des slogans ou des affichages appelant à la haine ou à l'exclusion sont tolérés ; une confusion est faite entre militantisme politique et mission pédagogique ; et les institutions de l'État sont symboliquement mises en cause.
Lorsque l'encadrement fait défaut et que les réponses institutionnelles hésitent, ce sont les établissements qui improvisent, les tensions qui s'installent, la liberté et la République qui reculent. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
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