Question de M. MALHURET Claude (Allier - Les Indépendants) publiée le 19/02/2026
Question posée en séance publique le 18/02/2026
M. le président. La parole est à M. Claude Malhuret, pour le groupe Les Indépendants - République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
M. Claude Malhuret. Monsieur le garde des sceaux, la tragédie de samedi dernier à Lyon vient nous rappeler que l'extrémisme tue.
S'il existait un prix du mensonge en politique, il serait remporté haut la main par M. Mélenchon pour cette phrase, prononcée le lendemain du lynchage de Quentin Deranque : « J'ai déjà dit des dizaines de fois que [les insoumis étaient] hostiles et opposés à la violence. »
LFI est née dans la violence, avec cette formule désormais célèbre, prononcée en 2012 : « Tout conflictualiser ! ». LFI soutient la violence sans jamais se tromper, en baisant la main de Poutine, de Castro, de Maduro et de Khamenei, enjambant les flaques partout où le sang coule à flots ; LFI mourra de la violence, au fur et à mesure que la lumière sera faite sur l'incroyable proportion de délinquants au sein de ses députés : fichés S, dealers, condamnés pour violences aggravées, violences sexuelles ou violences conjugales, et jamais exclus ni du groupe parlementaire ni du parti. (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
Mensonge encore, lorsque M. Bompard déclare au lendemain du drame : « Nous n'avons rien à voir, ni de près ni de loin, avec cette affaire », alors que M. Mélenchon a affirmé que la Jeune garde était une organisation alliée et liée au mouvement insoumis, et qu'a été interpellé l'assistant d'un député LFI, lui-même fondateur de ce groupement.
La première question qui se pose est la suivante : comment éviter que la tragédie de samedi entraîne un cycle de violence, qui semble déjà s'enclencher à Lyon, avec la manifestation annoncée par des groupes d'extrême droite, car les extrêmes se nourrissent les uns des autres ?
Surtout, comment établir un cordon sanitaire autour de cette formation qui se place, chaque jour un peu plus, en dehors de l'arc républicain ?
Cette question, je ne la pose pas seulement à vous, monsieur le garde des sceaux, je la pose également à la gauche républicaine. Tétanisée par LFI au moment de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et du Nouveau Front populaire (NFP), celle-ci commence à ouvrir les yeux, mais hormis les voix de Raphaël Glucksmann, de François Hollande ou de Jérôme Guedj, je n'ai pas entendu grand-chose, si ce n'est beaucoup d'embarras.
Il est plus que temps que la gauche coupe le lien avec une secte extrémiste, violente, antirépublicaine, communautariste et antisémite. (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.) Il y va de son avenir politique, mais il y va surtout, désormais, de son honneur ! (Applaudissements sur les travées des groupes INDEP, RDPI, RDSE, UC et Les Républicains.)
Réponse du Ministère de la justice publiée le 19/02/2026
Réponse apportée en séance publique le 18/02/2026
M. le président. La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Monsieur le sénateur Malhuret, à la suite de la question qui m'a été posée, je veux d'abord, comme vous et comme M. le sénateur Lévrier, saluer le travail du procureur de la République de Lyon, ainsi que de l'ensemble des policiers de la police judiciaire, et j'associe bien évidemment à ces propos M. le ministre de l'intérieur.
En quelques jours, ceux-ci ont interpellé, dans des conditions dignes de la justice française, laquelle ne se rend ni sur les réseaux sociaux ni dans les prétoires médiatiques, les responsables d'un homicide volontaire, selon la qualification retenue par le procureur de la République.
Il s'agit de la mort d'un jeune homme. Chacun devrait garder à l'esprit, en cet instant particulier, que nous sommes bien loin de ce que chantait Brassens : en France, on ne meurt pas pour des idées « de mort lente » ; malheureusement, on en meurt violemment, sous les coups des extrêmes et, en l'occurrence - osons le mot aujourd'hui ! -, de l'extrême gauche.
Vous avez posé la question de la violence politique, et donc physique, que pourrait faire naître ce drame absolument ignoble.
Cette violence est malheureusement consubstantielle aux groupes d'ultradroite et d'ultragauche, que les ministres de l'intérieur successifs ont combattus. Bruno Retailleau a ainsi agi contre la Jeune garde et, auparavant, nous avons été nombreux ici à soutenir les dissolutions de Génération identitaire, des Soulèvements de la Terre ou du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale), avec des résultats contrastés devant la juridiction administrative.
Je regrette, monsieur le président Malhuret, que lorsque j'ai porté la loi Séparatisme dans cet hémicycle, l'unanimité n'ait pas été au rendez-vous, y compris à droite, pour voter les dispositions permettant de dissoudre non seulement les associations religieuses liées aux islamistes radicaux, mais aussi les groupements d'ultradroite et d'ultragauche.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Cela n'aurait servi à rien !
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux. Si ces dispositions avaient été votées par l'Assemblée nationale et le Sénat, nous disposerions depuis bien longtemps d'outils juridiques efficaces pour dissoudre ces groupes et sanctionner la reconstitution de ligues dissoutes, permettant ainsi aux policiers et aux gendarmes d'intervenir et d'interpeller.
C'est cela qui nous a permis, me semble-t-il, de lutter avec force contre l'islamisme radical. Or la menace intérieure ne se résume pas à celui-ci, même s'il demeure le danger principal : c'est désormais l'extrémisme qui nous touche, qu'il vienne de l'ultradroite ou de l'ultragauche.
Vous avez raison : chacun, dans cet hémicycle et ailleurs, porte une responsabilité particulière, et ce dès les prochaines élections municipales. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et Les Républicains.)
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