Question de Mme DELATTRE Nathalie (Gironde - RDSE) publiée le 19/02/2026
Question posée en séance publique le 18/02/2026
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Delattre, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.
Mme Nathalie Delattre. Monsieur le ministre, j'associe à cette question mon collègue Michel Masset, ici présent, car le Lot-et-Garonne, comme la Gironde, a été durement touché par la tempête Nils, suivie de pluies diluviennes, provoquant des inondations d'une ampleur exceptionnelle.
Sur le terrain, la situation reste très contrastée : si elle s'améliore par endroits, de nombreuses communes sont encore inondées et isolées, des routes sont gravement fragilisées par des immersions prolongées et des infrastructures essentielles sont endommagées, alors même qu'une nouvelle tempête est annoncée pour ce soir.
Les équipes municipales et les services de l'État sont mobilisés jour et nuit ; je tiens à les saluer.
Nos élus savent que le régime de catastrophe naturelle ne s'applique pas aux dommages causés par la tempête. En revanche, ils attendent a minima que les conséquences hydrologiques exceptionnelles - inondations, ruissellements, remontées de nappes - soient reconnues rapidement, dans une logique de cohérence entre communes voisines.
Dans l'immédiat, les collectivités ont besoin d'un soutien financier, par le biais d'avances de trésorerie et d'un assouplissement des règles de cofinancement.
Enfin, la situation des digues et l'exercice de la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi) sont critiques. Des brèches ont de nouveau affecté plusieurs ouvrages, comme en 2021, alors que des emprunts sont déjà en cours. Le transfert de cette compétence, sans moyens financiers suffisants, fragilise nos communes.
En Gironde, les propos tenus par votre ministre de tutelle, lundi, à Cadillac, ont profondément choqué les élus locaux, tant ils traduisent un décalage avec la réalité financière et opérationnelle des territoires. Un soutien pérenne de l'État est indispensable, comme le prévoit la proposition de loi de notre collègue Jean-Yves Roux. Ces catastrophes climatiques ne sont plus exceptionnelles.
Alors, monsieur le ministre, quelles décisions l'État est-il prêt à assumer ? Quels moyens financiers durables compte-t-il mobiliser pour que nos territoires ne subissent plus, crise après crise, les mêmes dégâts ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique publiée le 19/02/2026
Réponse apportée en séance publique le 18/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé de la transition écologique.
M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique. Madame la sénatrice Nathalie Delattre, je tiens tout d'abord à exprimer, au nom du Gouvernement, notre solidarité à l'endroit des victimes de ces crues. Nous dénombrons à l'heure actuelle trois personnes décédées et une personne disparue, ainsi que, naturellement, des milliers de sinistrés, singulièrement dans votre département de la Gironde, mais aussi dans le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime.
Je tiens également à adresser un message de remerciement et de soutien à l'ensemble des forces qui ont concouru à aider nos compatriotes : les policiers, les gendarmes, les agents de la sécurité civile, les sapeurs-pompiers et les agents du réseau Vigicrues, qui effectuent un travail remarquable, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Madame la sénatrice, vous avez raison : il n'y a pas de politique de prévention ou de réparation efficace si l'État agit d'un côté et les élus locaux de l'autre. Je remercie donc les maires, qui sont en première ligne. J'étais ce matin avec le maire de Saintes, qui m'a fait part de ses préoccupations concrètes.
Comment pouvons-nous y répondre ? D'abord, en convoquant la commission de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle le plus rapidement possible, afin que les Français soient indemnisés au plus vite.
Ensuite, en continuant d'investir aux côtés des collectivités territoriales, notamment au travers des programmes d'actions de prévention des inondations (Papi). En Gironde, quatre d'entre eux sont concernés, pour des investissements prévus à hauteur de 36 millions d'euros dans les années à venir, notamment pour réhabiliter la digue d'Ambès. L'État tiendra ses engagements et le prochain budget de la Nation nous donnera les moyens d'y procéder.
Enfin, madame la sénatrice, il nous faut aussi, me semble-t-il, réfléchir collectivement à la façon d'être plus résilients. Ces événements vont se reproduire et seront de plus en plus importants. Pour faire face, l'État n'agira pas seul ; il s'appuiera évidemment sur les collectivités territoriales, que vous représentez et qui ont un rôle majeur à jouer. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
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