Question de M. GROSPERRIN Jacques (Doubs - Les Républicains) publiée le 19/02/2026

Question posée en séance publique le 18/02/2026

M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Jacques Grosperrin. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, alors que la liste des victimes en milieu scolaire s'allonge, j'ai une pensée pour les familles de Samuel Paty, de Dominique Bernard et d'Agnès Lassalle, mais également pour celles de Mélanie, de Camélia et de Lorène.

Par ailleurs, j'exprime tout mon soutien à l'enseignante qui a été poignardée par un élève de 14 ans le 3 février à Sanary-sur-Mer. Monsieur le ministre, à la suite de ce drame, vous avez écrit une lettre aux parents d'élèves de France le 12 février pour appeler à un sursaut collectif. Vous avez eu raison de le faire : l'État ne peut pas tout et les parents doivent être associés à la lutte contre les violences.

Je regrette d'ailleurs que certains enseignants l'aient perçu comme une leçon de morale. Quel déni !

Pour autant, l'État peut et doit agir. Aussi avez-vous déclaré qu'entre mars et décembre 2025, 525 élèves ont été interpellés, car ils étaient en possession d'une arme blanche au sein d'un établissement. C'est glaçant... Combien d'agressions ont-elles ainsi été évitées ?

De la même manière, l'État peut et doit agir pour honorer la promesse non tenue du Président de la République de sanctuariser l'école. Il s'agit d'un sujet transversal : quand le Gouvernement présentera-t-il une action concertée entre les ministères de l'éducation nationale, de l'intérieur et de la justice pour rétablir l'ordre, la sérénité et, surtout, la sécurité dans nos établissements scolaires ?

Monsieur le ministre, il y a urgence ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 19/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 18/02/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Monsieur le sénateur Grosperrin, je me joins à vos pensées pour notre collègue qui a été poignardée, dont, vous avez été nombreux à me poser la question, l'état de santé s'améliore progressivement. Nous continuons de suivre la situation très attentivement.

En ce qui concerne les faits d'extrême violence que vous mentionnez, ils appellent selon moi deux réponses.

La première est celle de la fermeté absolue. Cela implique le contrôle et la fouille des sacs aux alentours des établissements. Ainsi, nous avons réalisé 1 500 contrôles par mois jusqu'à présent et nous avons encore, avec le ministère de l'intérieur, densifié ces contrôles autour des établissements depuis dix jours.

Comme vous l'avez dit, 525 couteaux ont été trouvés dans ce cadre. Sur la même période, 1 636 conseils de discipline ont prononcé l'exclusion d'élèves s'étant introduits avec un couteau dans leur établissement.

La fermeté doit donc être absolue, d'autant plus qu'un tabou est tombé, qu'il convient de restaurer. Pour être clair : on ne touche pas à une figure de la République ; on ne touche pas à un agent de l'éducation nationale ; on ne touche pas à un professeur ! Ce n'est pas négociable. Ceux qui le font doivent être sanctionnés et dans le cadre scolaire et dans celui de la justice.

Cela veut dire qu'à chaque fois que l'on détecte un élève en possession d'un couteau ou qu'un parent se permet de proférer des menaces ou de porter des coups, non seulement, évidemment, nous accompagnons le personnel et déclenchons la protection fonctionnelle, mais nous effectuons, tout aussi évidemment, un signalement au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, ou nous déposons plainte.

La deuxième réponse est la jambe éducative. En réalité, cette extrême violence, comme d'autres types d'extrême violence dont nous avons eu l'occasion de parler, trouve ses racines dans un terreau, celui d'une violence ordinaire, que ce soit entre élèves ou vis-à-vis du personnel éducatif.

Cela exige une action main dans la main entre l'éducation nationale et les parents d'élèves - c'est ce que nous appelons la coéducation. C'est pour cette raison que je leur ai écrit. Les retours qui m'ont été faits sur cette démarche sont assez intéressants. Si l'un de ces deux maillons de la chaîne éducative lâche, c'est toute la chaîne qui s'enraye.

Notre promesse est bien de garantir à chaque élève les meilleures conditions d'apprentissage et donc de faire en sorte que l'école reste, si ce n'est un sanctuaire, du moins un abri. (M. Thani Mohamed Soilihi applaudit.)

M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin, pour la réplique.

M. Jacques Grosperrin. Monsieur le ministre, si un tabou est tombé, il faut qu'il reste à terre. Il est de la responsabilité de votre administration d'instaurer un choc d'autorité à l'école et un choc de confiance pour que les parents soient rassurés lorsque leurs enfants vont à l'école.

Vous avez mentionné la sécurisation des établissements, mais je crois qu'il existe un problème de détection des profils d'élèves à risque. Il faudra ouvrir le débat sur les fouilles, sur la détection des métaux et peut-être sur la présence policière dans certains établissements. En outre, il nous faudra réviser la législation sur les mineurs afin qu'elle joue un rôle réellement dissuasif.

N'oublions pas que la République se juge à sa capacité à protéger ses concitoyens. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Page mise à jour le