Question de Mme JOSENDE Lauriane (Pyrénées-Orientales - Les Républicains) publiée le 26/02/2026

Question posée en séance publique le 25/02/2026

M. le président. La parole est à Mme Lauriane Josende, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Lauriane Josende. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur. Monsieur le ministre, samedi soir, à Perpignan, dans le quartier Saint-Jacques, trois policiers nationaux repèrent des stupéfiants et plusieurs milliers d'euros dans un véhicule. Au moment où ils allaient interpeller le conducteur, une trentaine d'individus leur sont littéralement tombés dessus, les ont gazés et frappés violemment, permettant au suspect de prendre la fuite. Nos policiers ont été sévèrement blessés, au point que l'un d'eux s'est vu prescrire un arrêt de travail de vingt jours.

Tout a été filmé. Je veux le souligner avec force, nos policiers ont été irréprochables. Ils ont fait preuve d'un grand sang-froid et n'ont pas fait usage de leurs armes. Cette attaque souligne un fait inquiétant : les délinquants et leurs soutiens se sentent assez forts pour contester frontalement l'autorité de l'État.

Vous le savez, monsieur le ministre, dans les Pyrénées-Orientales, nous sommes en première ligne dans la lutte contre le narcotrafic. D'une part, notre frontière avec l'Espagne est une autoroute de la drogue. D'autre part, notre population, qui connaît le plus fort taux de chômage de France métropolitaine, est dans une extrême précarité. À Perpignan, nous avons les trois quartiers les plus pauvres de France. Nos forces de l'ordre y sont durement éprouvées. Pourtant, elles se démènent. Les chiffres le prouvent : 32 000 faits de délinquance constatés en 2025, dix-huit tonnes de stupéfiants saisies et 2 000 personnes verbalisées pour usage de stupéfiant - un chiffre en hausse de plus de 40 % en un an.

La police nationale agit et obtient des résultats. Plus elle est efficace, plus les réseaux ripostent violemment. En 2022, nos policiers ont bénéficié pendant plusieurs mois du renfort d'une unité de force mobile (UFM) des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), qui leur a été d'un grand secours. Depuis, cette unité a été redéployée vers d'autres villes. Or c'est ce type de renfort qui leur permet de mieux lutter contre le narcotrafic.

Monsieur le ministre, ma question est simple. Vous avez exprimé votre soutien aux policiers blessés, et je vous en remercie. Mais pouvez-vous nous garantir le déploiement, à bref délai et dans la durée, d'une compagnie de CRS à Perpignan, afin d'aider concrètement nos forces de l'ordre ? (Applaudissements sur des travées des groupes Les Républicains et UC.)


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 26/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 25/02/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice, je vous remercie, d'abord, du soutien que vous apportez à ces trois policiers, blessés le 21 février lors d'une opération de contrôle d'un véhicule. La personne contrôlée s'est rebellée, a appelé à la rescousse une trentaine d'individus, qui s'en sont pris aux policiers. Ceux-ci ont été blessés, grièvement tous les trois, et l'un même très grièvement, puisqu'on a dû lui faire des points de suture à la mâchoire.

Merci, donc, du soutien que vous leur apportez, comme je l'ai fait moi-même. Évidemment, une enquête judiciaire a été ouverte et tout est mis en oeuvre pour retrouver les auteurs, qui se sont enfuis - à la fois la personne qui était contrôlée et les personnes qui sont venues à sa rescousse.

Je souhaite vous rassurer, madame la sénatrice : évidemment que l'UFM déployée dans les Pyrénées-Orientales y restera le temps qu'il faudra. Vous savez qu'elle exerce un travail de sécurisation et de contrôle de l'immigration illégale. Elle restera sur place. Je vais m'assurer qu'elle contribue à la sécurisation et au soutien des effectifs de police qui font, vous l'avez dit, un travail remarquable à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales. Vous avez donné les chiffres, mais je les reprends : + 20 % de mises en cause pour trafic de stupéfiants !

Nous appliquons totalement la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic : une quinzaine d'interdictions de paraître ont été prononcées, quatre établissements ont été fermés et des injonctions ont été adressées à des bailleurs sociaux. Je veille évidemment à l'augmentation des effectifs de la circonscription. Ceux-ci ont augmenté de 10 % depuis 2024 et nous allons accueillir quarante policiers adjoints tout au long de l'année 2026, qui vont venir apporter un renfort utile.

Soyez assurés que nous allons poursuivre ce travail de manière déterminée, résolue, pour lutter à la fois contre la délinquance et les trafics de stupéfiants, les deux étant souvent liés.

Je le répète, enfin : oui, l'UFM de CRS sera maintenue, le temps qu'il faudra. Et je veillerai à ce qu'elle ne soit pas employée qu'à des missions de lutte contre l'immigration illégale. Le cas échéant, elle pourra même être renforcée pour assurer des missions de sécurisation. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)

M. Jean Sol. Très bien.

M. le président. La parole est à Mme Lauriane Josende, pour la réplique.

Mme Lauriane Josende. Monsieur le ministre, il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul, et la frontière doit rester très surveillée. Un travail formidable y est fait chaque jour par nos policiers. C'est dans la ville de Perpignan que nous avons besoin de renforts, et c'est urgent. Je vous invite à venir dans les Pyrénées-Orientales vous rendre compte du travail qui est fait sur place par nos forces de police et de gendarmerie. Ce sera la meilleure façon d'évaluer non seulement leurs résultats, mais aussi leurs besoins. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Olivier Cigolotti applaudit également.)

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