Question de M. MAUREY Hervé (Eure - UC) publiée le 26/02/2026
M. Hervé Maurey attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur l'instauration d'une contribution obligatoire de 50 euros lors de l'introduction d'une instance devant une juridiction.
Cette mesure est prévue à l'article 30 (128 dans la version définitive adoptée le 2 février 2026) du projet de loi de finances pour 2026.
De nombreux avocats soulignent que le recouvrement de cette contribution forfaitaire reposera sur les personnels de greffe, déjà confrontés à un manque chronique de moyens, sans qu'aucun renfort humain ou budgétaire ne soit prévu à cet effet et que cette charge supplémentaire aggravera les délais de traitement et dégradera la qualité du service public de la justice.
Les avocats estiment, par ailleurs, que la gratuité de l'accès au juge est une garantie démocratique essentielle.
Il souhaite connaître l'avis du Gouvernement en la matière et les mesures qu'il compte prendre afin que la mise en oeuvre de cette contribution n'aggrave pas les délais de traitement et ne dégrade pas la qualité du service public de la justice.
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Réponse du Ministère de la justice publiée le 25/06/2026
La contribution pour l'aide juridique, instaurée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, participe au financement de l'aide juridictionnelle et s'inscrit dans un mécanisme de solidarité visant à garantir l'accès à la justice des personnes les plus modestes. Ce dispositif répond à la nécessité d'assurer le financement pérenne de l'aide juridictionnelle dans un contexte de progression continue de son coût. Il repose sur une contribution modérée des justiciables disposant d'une capacité contributive, afin de préserver l'accès au juge pour les publics les plus vulnérables et dans les contentieux les plus sensibles. Saisi de ces dispositions, le Conseil constitutionnel en a validé le principe et les modalités dans sa décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026 relative à la loi de finances pour 2026. Il a considéré que le législateur poursuivait un objectif d'intérêt général consistant à assurer une solidarité financière entre l'ensemble des justiciables afin de contribuer au financement de l'aide juridictionnelle. Il a également estimé que le montant de 50 euros, assorti des garanties procédurales prévues, ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit d'exercer un recours effectif devant une juridiction. Les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle sont exonérés de plein droit de cette contribution, garantissant ainsi un accès à la justice sans charge financière supplémentaire pour les justiciables les plus modestes. Cette exonération revêt une importance particulière dans les procédures devant le tribunal judiciaire lorsque la représentation par avocat est obligatoire, en ce qu'elle évite que cette exigence ne constitue un obstacle financier insurmontable. En outre, certains contentieux liés à la vulnérabilité des personnes ou à la nature des litiges, tels que les violences intrafamiliales, le surendettement ou les procédures devant le juge des enfants, sont également exemptés. Par ailleurs, lorsque le demandeur obtient gain de cause, la contribution peut être intégrée aux dépens et mise à la charge de la partie succombante. Afin de prévenir toute difficulté de saisine et d'éviter les irrecevabilités automatiques, le législateur a prévu une procédure de régularisation obligatoire, par laquelle aucune sanction ne peut être prononcée sans une invitation préalable du greffe à s'acquitter du droit dans un délai d'un mois. Enfin, contrairement au dispositif instauré en 2011 puis supprimé en 2014, la contribution est désormais acquittée exclusivement par voie dématérialisée. Les juridictions sont équipées de dispositifs permettant la validation électronique des timbres, dont le suivi est entièrement numérisé. Les services de greffe n'ont ainsi plus à assurer les opérations matérielles de gestion et de conservation qui prévalaient auparavant. Cette évolution modernise les modalités de perception et simplifie à la fois les démarches des justiciables et les circuits de traitement au sein des juridictions. Si les greffes demeurent chargés de vérifier l'acquittement de la contribution, cette mission s'inscrit ainsi dans un processus désormais largement automatisé. Cette dématérialisation permet ainsi de limiter la charge administrative induite et de prévenir tout impact significatif sur les délais de traitement des affaires comme sur la qualité du service public de la justice.
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