Question de Mme NOËL Sylviane (Haute-Savoie - Les Républicains) publiée le 26/02/2026

Mme Sylviane Noël attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les difficultés rencontrées par de nombreux candidats lors du dépôt des déclarations de candidature aux élections municipales, et plus particulièrement sur le degré de formalisme exigé par les services préfectoraux dans l'examen des dossiers.

Conformément aux dispositions du code électoral relatives aux scrutins de liste, chaque candidat doit produire une déclaration individuelle comportant un certain nombre de mentions obligatoires, notamment celles relatives à son identité, à son consentement et au respect des conditions d'éligibilité. Ces exigences participent légitimement de la sécurisation juridique du scrutin et de la prévention des irrégularités. Toutefois, plusieurs élus locaux font état de refus d'enregistrement fondés sur des erreurs purement matérielles ou rédactionnelles, sans incidence sur le fond du dossier. À titre d'exemple, il a été rapporté qu'un dépôt de liste a été refusé au motif que des colistiers avaient barré les mentions inutiles du formulaire CERFA plutôt que d'entourer la mention requise, obligeant à refaire l'ensemble des documents et à effectuer un nouveau déplacement auprès des services préfectoraux, parfois sur des distances importantes. Ces situations, qui interviennent dans un calendrier électoral contraint, engendrent des charges administratives supplémentaires et un découragement réel chez des candidats déjà fortement mobilisés.

Si la rigueur formelle constitue une garantie essentielle de la sincérité du scrutin, la jurisprudence administrative distingue traditionnellement les irrégularités substantielles, susceptibles d'affecter la validité d'une opération électorale, des irrégularités mineures dépourvues d'incidence sur le résultat. Cette logique de proportionnalité interroge quant à l'appréciation portée en amont, au stade du dépôt des candidatures, sur des imperfections matérielles qui ne remettent pas en cause les garanties essentielles prévues par la loi.

Dans un contexte où l'engagement municipal connaît des tensions et où la constitution des listes peut s'avérer complexe, un formalisme excessivement strict est susceptible d'ajouter une contrainte supplémentaire pesant sur les candidats, sans bénéfice évident pour la sécurité juridique du scrutin. Elle demande en conséquence au Gouvernement quelles instructions sont actuellement données aux services instructeurs pour apprécier la portée des irrégularités formelles et si une évolution des textes ou des circulaires est envisagée afin de permettre une distinction plus explicite entre erreurs substantielles et simples imperfections matérielles susceptibles de régularisation.

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En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.

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