Question de Mme de MARCO Monique (Gironde - GEST) publiée le 26/02/2026
Mme Monique de Marco attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur la situation des maisons d'opéra en région dans un contexte de coupes budgétaires. À Bordeaux, l'Opéra national est le premier employeur culture de la Région Nouvelle-Aquitaine et le premier employeur d'intermittents artistiques et techniques. Loin d'être une maison refermée sur elle-même et élitiste, cet opéra, comme tous les autres en France, est un pilier essentiel de toute la vie culturelle locale. On trouve à Bordeaux, qui s'est déclaré « opéra citoyen », tous les métiers de la culture, bien au-delà de ses presque 400 salariés permanents : musiciens d'orchestre, artistes du choeur, chanteurs solistes, danseurs, comédiens, metteurs en scène, scénographes, costumiers, décorateurs, peintres, techniciens, action culturelle, équipes administratives...
Malgré les difficultés liées au contexte général des 6 dernières années (crise sanitaire, crise énergétique, inflation, gel des postes, augmentation des coûts de fonctionnement), l'Opéra de Bordeaux résiste comme il peut et continue de rassembler 260 000 personnes pour des spectacles dans ses murs, auxquels s'ajoutent 65 000 spectateurs annuels dans le cadre d'événements hors les murs, partout dans les territoires, y compris dans les départements les plus ruraux de la région, en Dordogne et en Corrèze. La place de l'opéra dans les activités culturelles est structurante pour la région toute entière. Il s'engage également dans les plus ambitieux dispositifs de démocratisation à travers sa participation au programme DEMOS. Les maisons d'opéra ont diversifié leur programmation ainsi que leurs actions éducatives, sociales et solidaires. Les effets de ces politiques d'ouverture engagées en France il y a des dizaines d'années portent leurs fruits : le public est plus jeune et plus diversifié. Elles proposent une offre culturelle d'une très grande richesse et d'une qualité remarquable, et s'efforcent de proposer des tarifs raisonnables pour les publics défavorisés. Des avancées majeures sont à relever aussi concernant la parité femme/homme dans l'emploi, l'accessibilité aux personnes handicapées, et le développement des formules grand public, notamment visant les scolaires. Dans toute la France, les maisons d'opéra en région notamment entreprennent enfin des efforts massifs dans la transition écologique, à l'image des inspirantes et pionnières productions zéro achat de l'Opéra de Bordeaux.
Pourtant ces maisons d'opéra traversent aujourd'hui une crise sans précédent, dont les causes ne datent pas de l'épidémie de Covid-19. La situation est critique à Rouen, à Nantes, à Rennes, comme partout ailleurs, dans les maisons d'opéra en région. Les financements croisés entre l'État et plusieurs collectivités ne permettent plus aujourd'hui de garantir, dans un contexte de rigueur budgétaire, la stabilité de ces établissements pourtant essentiels. Dans un territoire, un opéra est un lieu qui crée des vocations, motive à l'apprentissage d'une pratique musicale ou de la danse. C'est un lieu en lien très étroit avec les écoles et les conservatoires. Financer les lieux culturels est indispensable dans le champ de l'éducation artistique et culturelle. Aujourd'hui, créer des vocations dans le secteur culturel est vital, car ce dernier renforce les liens sociaux et nous permet de continuer de vivre ensemble. Les maisons d'opéra, malgré les efforts colossaux entrepris ces dernières années sur un très grand nombre d'enjeux, accueillent chaque année avec incompréhension les millions d'euros de coupes annoncées à la dernière minute tant par les collectivités que par le ministère de la culture.
Elle lui demande comment elle compte garantir la stabilité du financement des opéras en région et quelles mesures elle envisage pour sécuriser leur avenir et l'emploi culturel sur nos territoires.
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Transmise au Ministère de la culture
Réponse du Ministère de la culture publiée le 23/04/2026
Le ministère de la culture est particulièrement attentif à la situation des opéras en région, qui constituent des acteurs essentiels de la vie culturelle et artistique sur l'ensemble du territoire. Il apporte son soutien au réseau des structures labellisées « Opéra national en région » et conventionnées « Théâtre lyrique d'intérêt national », en lien étroit avec les collectivités territoriales, dont l'engagement est aussi significatif que déterminant. Dans un contexte de profondes évolutions du secteur du spectacle vivant, les maisons d'opéra ont su faire évoluer leurs modèles et développer des initiatives ambitieuses, tant en matière de transition écologique que d'élargissement des publics ou de coopération entre structures à travers des productions et des coproductions d'uvres lyriques et chorégraphiques. Le ministère ne peut que saluer ces dynamiques, qui contribuent à renforcer l'ancrage territorial et le rayonnement de l'art lyrique, qu'il s'agisse de répertoire ou de création. L'Opéra national de Bordeaux s'inscrit pleinement dans ces évolutions, en développant des actions structurantes en faveur de la transmission des savoirs, la mutualisation des moyens et des actions de démocratisation culturelle, qui font l'objet d'un accompagnement attentif de la direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine. Par ailleurs, l'État a veillé à soutenir le secteur lyrique face aux conséquences des crises récentes, en mobilisant des dispositifs exceptionnels puis en adaptant ses outils d'intervention aux enjeux actuels. Les mesures prises par l'État en faveur de l'art lyrique ces dernières années sont de plusieurs ordres : le plan de relance lors de la crise sanitaire, ou encore les aides transversales du ministère de la culture au titre de l'aide à l'énergie. Plus récemment, la mobilisation du plan pour la création « Mieux produire, mieux diffuser » en 2024 et 2025, pour encourager la coopération entre acteurs du spectacle vivant, a permis d'accompagner les maisons d'opéra pour des projets étroitement reliés aux enjeux contemporains. Dans un contexte budgétaire aujourd'hui très contraint, le ministère de la culture demeure pleinement mobilisé pour accompagner les maisons d'opéra, afin de leur permettre de poursuivre leurs missions de création, de diffusion et de transmission au service de tous les publics.
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