Question de Mme MARTIN Pauline (Loiret - Les Républicains) publiée le 26/02/2026

Mme Pauline Martin attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les difficultés rencontrées dans la mise en oeuvre de la stratégie décennale de lutte contre les cancers du papillomavirus.

En France, nous recensons chaque année 7 000 nouveaux cas de cancers liés au papillomavirus (HPV). Ces cas sont pourtant évitables grâce à la vaccination HPV et au dépistage du cancer du col de l'utérus. Aujourd'hui, le vaccin est reconnu comme efficace, avec un taux de prévention de 90% des papillomavirus à l'origine des cancers.

Le manque d'information constitue le premier obstacle identifié dans la lutte contre ce virus. Si la campagne en milieu scolaire s'est avérée efficace, les objectifs nationaux de 80 % de couverture vaccinale ne sont pas encore atteint. Effectivement, seulement 54 % des filles et 44 % des garçon de 12 ans ont reçu une première dose et un parent sur deux dont les enfants ne sont pas vaccinés déclare n'avoir reçu aucune campagne de sensibilisation de la part du collège.

Le rôle du département est donc décisif pour homogénéiser la couverture vaccinale et faire du collège un réel pivot de la stratégie décennale de lutte contre le cancer HPV. Concernant les missions de prévention dans les collèges, les conseils départementaux demeurent l'instance privilégiée pour inciter les promotions des campagnes relatives au virus.

Ainsi, elle souhaite demander au Gouvernement quelles mesures concrètes et coordonnées il entend engager pour résorber le retard préoccupant constaté dans l'atteinte des objectifs nationaux de couverture vaccinale contre le papillomavirus, et selon quel calendrier. Elle l'interroge en particulier sur la place qu'il entend reconnaître aux conseils départementaux afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans le déploiement, la coordination et l'harmonisation de cette politique de prévention sur l'ensemble du territoire, dans un souci d'efficacité et d'égalité d'accès.

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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 27/08/2026

Les Infections à papillomavirus humains (HPV) sont très fréquentes. Environ 8 personnes sur 10 sont exposées à ces virus au cours de leur vie. Ces infections sont à l'origine de nombreux cancers dont le plus fréquent est le cancer du col utérin. La vaccination prévient jusqu'à 90 % des infections HPV à l'origine des cancers. La vaccination contre les HPV est d'autant plus efficace qu'elle est administrée tôt dans l'adolescence. La vaccination est ainsi recommandée pour toutes les jeunes filles et pour tous les jeunes garçons de 11 à 14 ans selon un schéma vaccinal de 2 doses. Un rattrapage vaccinal est recommandé chez les jeunes jusqu'à 26 ans révolus. Afin d'améliorer la couverture vaccinale et de réduire les inégalités d'accès à la prévention, une campagne nationale de vaccination contre les HPV en milieu scolaire est déployée depuis la rentrée scolaire 2023-2024 à destination des élèves de 5e dans les collèges publics et dans les collèges privés sous contrat volontaires. Cette campagne permet de proposer gratuitement la vaccination au sein même des établissements scolaires, dans le respect du caractère volontaire de cette vaccination et avec l'accord préalable des représentants légaux. Dans le cadre de cette campagne, le ministère chargé de la santé travaille en étroite collaboration avec le ministère de l'éducation nationale, notamment avec la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO). La DGESCO assure la promotion de la campagne de vaccination contre les HPV auprès des académies et diffuse les documents d'information actualisés aux recteurs. Ceux-ci sont invités à mobiliser les établissements scolaires afin de favoriser leur participation au dispositif. Les chefs d'établissement sont ainsi fortement encouragés à s'impliquer dans l'organisation et la promotion de cette campagne de prévention auprès des élèves et de leurs familles. Cette campagne de vaccination est pilotée localement par les agences régionales de santé. Ces dernières travaillent en étroite collaboration avec l'ensemble des structures de vaccinations publiques, dont certaines sont gérées par des conseils départementaux. S'agissant de la promotion de cette campagne, un important dispositif d'information et de communication est porté au niveau national, notamment l'institut national du cancer. Cette campagne nationale nécessite effectivement des relais locaux portés par l'ensemble des acteurs, dont les conseils départementaux qui ont toute leur place dans ce dispositif. À ce titre, ils peuvent contribuer, aux côtés des autres acteurs concernés, à relayer les messages de prévention et à favoriser la mobilisation des publics et des partenaires locaux autour des objectifs de la stratégie décennale de lutte contre les cancers. Selon les données de Santé publique France, à l'issue de la campagne 2024-2025 et en tenant compte à la fois des vaccinations réalisées en ville et de celles réalisées en milieu scolaire, la couverture vaccinale des enfants nés en 2012 atteignait 54 % chez les filles et 43 % chez les garçons pour au moins une dose. Elle s'élevait à 35 % chez les filles et à 27 % chez les garçons pour un schéma à deux doses. Les données concernant la campagne 2025-2026 seront disponibles fin 2026. Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour atteindre l'objectif de 80 % de couverture vaccinale à l'horizon 2030 fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers et compte sur l'ensemble des acteurs locaux, dont les conseils départementaux, pour atteindre cet objectif. Dans cette perspective, les enseignements tirés des deux premières campagnes ont conduit à des évolutions qui se sont traduites concrètement par une nouvelle maquette du formulaire d'autorisation parentale et d'un nouveau courrier d'information adressé aux parents afin d'en améliorer la lisibilité, la compréhension et l'accessibilité en perspective de la rentrée scolaire 2026-2027.

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