Question de M. BROSSAT Ian (Paris - CRCE-K) publiée le 26/02/2026
M. Ian Brossat attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur le blocage persistant des 400 tonnes d'aide humanitaire envoyées par la France le 18 janvier 2026 à destination de la bande de Gaza.
En effet, cette cargaison, composée de denrées alimentaires et de produits de première nécessité destinés à 42 000 enfants, demeure à ce jour, toujours immobilisée. Alors que le navire est arrivé à Port-Saïd dès le 4 février, l'aide n'a toujours pas pu entrer dans la bande de Gaza. Cette situation s'inscrit dans un contexte de restrictions sévères aux points de passage, en contradiction avec les engagements pris dans le cadre des accords de cessez-le-feu, lesquels prévoyaient un acheminement quotidien pouvant atteindre 600 camions. En pratique, l'aide internationale demeure très en deçà des besoins vitaux de la population.
L'urgence humanitaire est pourtant extrême. Selon les dernières données de l'IPC, 77 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë. Les conditions de survie des civils atteignent un seuil critique : plusieurs enfants sont morts cet hiver en raison du froid et de l'absence d'abris, tandis qu'environ 1,5 million de personnes demeurent privées de solution d'hébergement d'urgence. Par ailleurs, la menace de radiation visant 37 organisations non gouvernementales internationales, parmi lesquelles Médecins du Monde et Médecins sans frontières, fait peser un risque majeur sur la continuité des soins, de l'assistance médicale et des dispositifs de lutte contre la malnutrition.
En vertu de l'article 1 de la Quatrième Convention de Genève, la France s'est engagée à respecter et à faire respecter le droit international humanitaire en toutes circonstances. Le maintien de 400 tonnes d'aide française aux portes de Gaza, alors que la famine progresse, appelle donc à une réponse diplomatique à la hauteur de la gravité de la situation.
Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend engager afin d'obtenir l'entrée immédiate et la distribution effective de cette aide humanitaire. Il l'interroge également sur les actions envisagées pour obtenir la levée des restrictions au poste-frontière de Rafah et pour garantir la protection et le maintien des organisations humanitaires internationales présentes sur le terrain, conformément aux engagements internationaux de la France en matière de protection des populations civiles.
- page 986
En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Page mise à jour le