Question de M. OMAR OILI Saïd (Mayotte - SER-A) publiée le 12/02/2026

M. Saïd Omar Oili interroge M. le ministre de l'intérieur sur le coût annuel des opérations menées en matière de reconduite à la frontière des personnes en situation irrégulière à Mayotte, entre 2000 à 2025, en indiquant par ailleurs précisément les coûts des opérations « Wuambushu » en 2023 et « Place nette » en 2024.
La lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte constituant une politique prioritaire au développement de l'île, il est essentiel de pouvoir en évaluer les résultats au regard des coûts, d'autant qu'elle a fait l'objet de modifications législatives importantes depuis 2023.

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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'intérieur, chargé de la citoyenneté publiée le 01/05/2026

Réponse apportée en séance publique le 30/04/2026

M. le président. La parole est à M. Saïd Omar Oili, auteur de la question n° 950, adressée à M. le ministre de l'intérieur.

M. Saïd Omar Oili. Madame la ministre, pour l'État, la lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte est une priorité. J'ai eu l'occasion de prendre connaissance d'un document tirant le bilan de vingt ans de reconduites à la frontière ; au regard du nombre de personnes expulsées, l'efficacité de cette politique suscite quelques interrogations.

Au regard de l'absence de résultats tangibles, je souhaite en savoir plus sur le coût de cette politique. Ma question est donc simple : quel est le coût annuel des opérations menées en matière de reconduite à la frontière des personnes en situation irrégulière à Mayotte, entre 2000 et 2025 ? Pouvez-vous me préciser notamment le coût des opérations Wuambushu de 2023 et Place nette de 2024 ?

Il est essentiel d'en évaluer les résultats au regard de leur coût. La politique de lutte contre l'immigration clandestine, qui a fait l'objet de modifications législatives importantes depuis 2023, doit en effet donner lieu à une évaluation financière.

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.

Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la citoyenneté. Monsieur le sénateur Saïd Omar Oili, l'État est engagé depuis plusieurs années dans une action continue et déterminée pour lutter contre l'immigration irrégulière à Mayotte, collectivité française la plus affectée par ce phénomène.

En effet, la diversification croissante des flux entrants, en provenance principalement de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda et, depuis le début de l'année 2024, de Somalie, a été accompagnée d'une baisse des flux provenant des Comores. Les procédures de reconduite à la frontière se trouvent ainsi complexifiées et allongées.

En 2023, plus de 1 000 étrangers en situation irrégulière originaires d'Afrique continentale ont été placés en centre de rétention administrative (CRA), contre 600 au cours de l'année précédente.

Face à ces flux migratoires, l'État a mis en place des mesures pour lutter contre ces arrivées massives. Le plan Shikandra, en 2019, a marqué un investissement au niveau interministériel dans cette lutte visant à combattre l'immigration illégale.

En avril 2023, une opération de grande ampleur a été engagée, avec pour objectif l'augmentation de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière. Le coût global de cette opération, dite Wuambushu, a été évalué à 8,9 millions d'euros, montant qui intègre les dépenses de personnel liées au déploiement quotidien de 400 policiers et gendarmes tout au long de l'opération. L'opération a été reconduite au mois d'avril 2024, sous le nom de Mayotte Place nette, avec pour objectif principal la lutte contre l'économie souterraine.

Pour répondre précisément à votre question, le coût de cette politique s'est élevé à 2,9 millions d'euros en 2015, pour un nombre total de 18 763 éloignements. En 2025, ce coût est passé à 9,8 millions d'euros, pour un nombre total de 23 421 éloignements. Cela prouve le renforcement de l'action de l'État à Mayotte.

En outre, des mesures d'urgence ont été prises à la suite du cyclone Chido, qui a frappé Mayotte.

Il y a donc bien un engagement plein et entier de l'État.

M. le président. La parole est à M. Saïd Omar Oili, pour la réplique.

M. Saïd Omar Oili. Madame la ministre, vous n'avez pas vraiment répondu à ma question.

Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée. Si, je viens de vous donner les chiffres !

M. Saïd Omar Oili. Une autre opération est en cours, mais on a l'impression que, chaque fois que l'on envoie des policiers à Mayotte pour lutter contre l'immigration clandestine, d'autres bateaux arrivent tout de même.

On nous avait promis, lorsque nous avons examiné la loi du 24 février 2025 d'urgence pour Mayotte et la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, que l'on installerait un rideau de fer, afin que les gens ne puissent plus entrer à Mayotte. On a l'impression que ce rideau de fer s'est transformé en rideau de fumée ! Les gens arrivent tous les jours et il y a des camps partout, madame la ministre.

Venez donc voir : vous verrez des gens vivre dans la mangrove, dans des situations compliquées. Des maladies qui avaient disparu font leur réapparition parce que des gens que l'on ne contrôle pas viennent et vivent dans des conditions insalubres.

Essayons de trouver d'autres moyens pour préserver Mayotte, parce que l'on croule sous ce phénomène de plus en plus insupportable.

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