Question de M. REYNAUD Hervé (Loire - Les Républicains) publiée le 26/03/2026
Question posée en séance publique le 25/03/2026
M. le président. La parole est à M. Hervé Reynaud, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Hervé Reynaud. Monsieur le Premier ministre, ces dernières semaines, comme tous mes collègues présents dans cet hémicycle, je suis allé à la rencontre de nos compatriotes. Ils nous ont fait part de leur profonde inquiétude quant aux conséquences de la situation au Moyen-Orient et à la hausse des coûts de l'énergie.
Derrière l'actualité des élections municipales, les ménages se préoccupent de leur pouvoir d'achat et les entreprises s'inquiètent de leur compétitivité. Cette hausse agit comme un choc transversal, qui atteint les uns comme les autres. C'est une bombe sociale à retardement, qui touche des millions de Français, mais aussi tout notre tissu économique.
Certains secteurs sont particulièrement affectés : le transport de personnes et de marchandises, l'agriculture, en raison de la répercussion des coûts de l'énergie sur le prix des engrais, et la pêche. Derrière les chiffres, il y a une réalité : les factures s'envolent, les taxes flambent, les marges s'effondrent et des pans entiers de notre économie vacillent.
Le baromètre des TPE-PME établi par la fédération des chambres de commerce et d'industrie, CCI France, démontre que le moral des entrepreneurs est au plus bas depuis le covid en raison de pressions sur le pouvoir d'achat et la consommation des ménages, sur les entreprises, sur leurs sous-traitants et sur leurs artisans, ainsi que du renchérissement des coûts de l'énergie et des matières premières dérivées du pétrole, de la dégradation du commerce extérieur et des perturbations des chaînes d'approvisionnement.
Devant cette situation, certains de nos voisins européens prennent des mesures. Qu'entend faire concrètement le Gouvernement français pour limiter l'impact de cette crise ? Il relève de votre responsabilité de protéger à la fois les particuliers et les entreprises. Les Français sont lassés du « sembler faire » et du « faire semblant ». (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
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Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 26/03/2026
Réponse apportée en séance publique le 25/03/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Reynaud, votre question me permet de rappeler combien ce choc est important. La France y est plutôt mieux préparée et moins exposée qu'un certain nombre de nos voisins - Italiens, Grecs, Espagnols, Allemands - et, bien évidemment, que nos partenaires asiatiques, qui le prennent en pleine face.
Comme l'a souligné le Premier ministre, nous sommes essentiellement devant un choc de prix : il n'y a aucun enjeu d'approvisionnement. Tous les secteurs en première ligne que vous avez mentionnés ne rencontrent aujourd'hui aucun problème pour trouver du gaz, du gazole ou du pétrole. En Asie, des mesures de rationnement sont mises en place quotidiennement. Là-bas, on peut vraiment parler de choc pétrolier.
Dès lors, que faisons-nous ? Tout d'abord, remarquons que la France est entrée dans cette crise dans une position plutôt favorable. Le tableau de bord de la conjoncture publié la semaine dernière par l'Insee montre que, malgré ce choc, la croissance acquise devrait être de 0,9 % à la fin du premier semestre, tandis que l'inflation s'élèvera à 2 %. Elle sera sans doute bien supérieure dans les pays voisins comme l'Espagne, l'Italie, ou la Grèce, où le prix du gaz a un impact très important sur les factures et sur les tarifs de l'électricité, alors même que le prix de l'essence augmente - pour eux comme pour nous.
Au fond, ce choc nous concerne tous et nous devons évaluer la manière dont nous allons en partager le coût. À ce stade, nous voulons nous concentrer sur les secteurs en première ligne que vous avez mentionnés, c'est-à-dire les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs. En sus des mesures de trésorerie que nous avons mises en oeuvre, M. le ministre Tabarot met en place des dispositifs permettant d'indexer davantage le coût du transport à celui du gazole.
Le Premier ministre nous demande d'étudier d'autres mesures potentielles, avec toujours le souci essentiel des deniers publics. Chacun l'a dit sur toutes les travées : cette crise est un choc extérieur, dont les coûts sont réels. Pour autant, nous ne devons en aucun cas sacrifier nos contribuables, ceux d'aujourd'hui comme ceux de demain. (Mme Patricia Schillinger et M. François Patriat applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Hervé Reynaud, pour la réplique.
M. Hervé Reynaud. Monsieur le ministre, de nombreuses questions portent sur ce sujet au cours de cette séance, car il s'agit d'une préoccupation majeure. Nous attendons des réponses tout à fait concrètes.
Cette situation risque de se transformer en une véritable déflagration sociale - j'allais dire une bombe à fragmentation ! Toutes les prévisions convergent pour anticiper un retour de l'inflation, qui affecterait la croissance. Notre situation budgétaire nous affaiblit dans la riposte à cette crise.
M. le président. Il faut conclure !
M. Hervé Reynaud. Il est urgent d'agir, d'apporter des réponses structurelles à la situation quotidienne que vivent nos concitoyens et nos entreprises. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Nadia Sollogoub applaudit également.)
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