Question de M. GENET Fabien (Saône-et-Loire - Les Républicains-R) publiée le 05/03/2026

M. Fabien Genet attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les implications énergétiques, environnementales et sécuritaires de la transition politique engagée au Venezuela depuis le 3 janvier 2026.
Le Venezuela demeure un acteur énergétique majeur du continent latino-américain et dispose d'importantes réserves pétrolières ainsi que de ressources minières stratégiques. Dans la phase actuelle de recomposition institutionnelle, un climat marqué par un air d'extractivisme décomplexé suscite des inquiétudes particulières, notamment dans l'Arc minier de l'Orénoque et dans les zones amazoniennes déjà fragilisées par la déforestation, la pollution des eaux au mercure et la présence d'activités illégales.
Ces évolutions présentent un caractère directement transfrontalier. Les bassins fluviaux et les espaces forestiers concernés se prolongent vers les régions colombiennes voisines, exposant celles-ci à des risques accrus de dégradation environnementale, de contamination des cours d'eau partagés et de renforcement de réseaux criminels opérant de part et d'autre de la frontière. À ces tensions écologiques et sécuritaires s'ajoutent des défis humanitaires persistants le long de la frontière commune, dans un contexte où la Colombie accueille plus de 2,8 millions de ressortissants vénézuéliens au sein d'un exode estimé à près de 7,9 millions de personnes depuis 2014.
L'ensemble de ces facteurs exerce une pression croissante sur la Colombie, tant sur le plan humanitaire et sécuritaire que sur les capacités institutionnelles et territoriales de l'État dans les zones frontalières.
Dans ce contexte, il lui demande quelles initiatives concrètes la France entend soutenir afin d'accompagner la Colombie face à ces défis transfrontaliers directement liés à l'évolution de la situation au Venezuela.

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Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 04/06/2026

La France continue d'appeler à une transition démocratique au Venezuela, car aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur. Il appartient au peuple vénézuélien de trouver sa propre voie pacifique et démocratique pour l'avenir et la prospérité du pays. La France continue d'oeuvrer à la reprise du dialogue entre tous les acteurs vénézuéliens, en lien avec ses partenaires latino-américains et européens : c'est la condition même d'une transition inclusive de nature à garantir la stabilité et la prospérité pour tous les Vénézuéliens et à faciliter la réactivation des coopérations avec la Colombie voisine (qui partage plus de 2 000 kilomètres de frontière), sur les plans économique, humanitaire, environnemental et sécuritaire. L'approfondissement d'un dialogue politique colombo-vénézuélien fructueux doit permettre de consolider la paix dans cette région et de faire face à ces nombreux enjeux. Sur le plan humanitaire, la France a contribué au Venezuela au financement de milliers de repas distribués dans des cantines scolaires avec l'appui d'ONG locales. Elle a également financé la fourniture de matériel sanitaire et d'hygiène, au bénéfice des populations les plus fragiles, souvent dans des régions marquées par d'importants mouvements migratoires. Sur le plan environnemental, la France porte au niveau international une position ambitieuse sur tous les aspects de la triple crise du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution. Elle a lancé de nombreuses initiatives pour soutenir les pays en voie de développement dans la préservation de l'environnement. Elle a, par exemple, été moteur dans l'inscription en 2022 d'un objectif de protection de 30 % des terres et des mers à l'horizon 2030 à la tête d'une coalition de pays de haute ambition qui a depuis été rejointe par le Venezuela et la Colombie. A Belém à l'occasion de la COP30, le Président de la République a réitéré notre mobilisation pour la protection de la forêt amazonienne et rappelé notre engagement à appuyer les pays de la région, y compris la Colombie, dans la protection de ce bassin forestier. Convaincus de l'importance de défendre la science, nous encourageons la poursuite des échanges avec les universités et centres de recherche colombiens et vénézuéliens sur les nombreux enjeux communs : préservation de l'Amazonie, protection des rivières, des océans et d'un bassin caribéen sur lequel nous partageons une frontière maritime commune, lutte contre le réchauffement climatique et les maladies émergentes.

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