Question de Mme BOYER Valérie (Bouches-du-Rhône - Les Républicains) publiée le 05/03/2026

Mme Valérie Boyer attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les dérives préoccupantes observées au sein du mouvement La France insoumise (LFI) et sur les conséquences qu'elles pourraient emporter au regard de l'ordre public, de la cohésion nationale et du respect des principes fondamentaux de la République.
Le meurtre de Quentin Deranque a profondément bouleversé les Français et mis en lumière un climat de radicalisation politique inquiétant. Selon les investigations conduites par le parquet de Lyon, onze personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, notamment en raison de liens avérés ou présumés avec le groupuscule antifasciste La Jeune Garde, dissous par décision administrative en 2025 en raison de ses méthodes violentes. Parmi les personnes mises en cause figurent deux collaborateurs parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, identifiés comme présents sur les lieux des faits, placés en garde à vue puis mis en examen dans des conditions en lien avec l'agression, dont l'un pour complicité d'homicide volontaire.
Le 30 avril 2025, M. Jean-Luc Mélenchon affirmait également que « La Jeune Garde est une organisation alliée, liée au mouvement Insoumis ». Cela soulève la question d'une continuité doctrinale ou stratégique qui ne peut être ignorée.
Par ailleurs, plusieurs prises de position de responsables de LFI ont suscité une vive émotion. Des propos minimisant ou relativisant le pogrom du 7 octobre 2023, des refus répétés de qualifier le Hamas d'organisation terroriste, ainsi que des déclarations jugées ambiguës face à la recrudescence d'actes antisémites en France ont profondément choqué nos compatriotes. Certains cadres ont par ailleurs affirmé que « la rue » ou « le peuple mobilisé » primerait sur les urnes, laissant entendre que la légitimité issue du suffrage pourrait être supplantée par la mobilisation conflictuelle. D'autres ont appelé à des « méthodes impactantes », expression ambiguë susceptible d'être interprétée comme une incitation à l'intimidation ou à la conflictualisation permanente de la vie démocratique.
La rhétorique opposant les « racisés » aux « Français colonialistes » ou évoquant l'avènement d'une « nouvelle France » en rupture avec l'histoire et la culture nationales, alimente les fractures identitaires et contribue à exacerber les tensions communautaires. Ces discours, en essentialisant les citoyens selon leur origine ou leur religion, apparaissent contraires à l'idéal républicain d'unité et d'indivisibilité du peuple français.
Le climat de tension s'est enfin traduit sur le terrain judiciaire. Le 6 novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le philosophe Raphaël Enthoven, poursuivi pour injure publique après avoir qualifié LFI de « mouvement détestable, violent, complotiste, passionnément antisémite », à la suite notamment de l'agression de Raphaël Glucksmann en 2024. La 17e chambre a estimé que ces propos s'inscrivaient dans un débat d'intérêt général et n'excédaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression.
Au regard de l'ensemble de ces éléments, elle demande au Gouvernement s'il a procédé à une analyse approfondie des liens juridiques, financiers et organisationnels entre LFI et des structures dissoutes ou impliquées dans des violences. Elle souhaite savoir si certains propos publics ont donné lieu à des signalements au titre de l'apologie du terrorisme, de la provocation à la haine ou de l'incitation à la violence. Elle l'interroge enfin sur l'éventualité d'une procédure de dissolution administrative sur le fondement des dispositions du code de la sécurité intérieure, ainsi que sur les leviers juridiques permettant, le cas échéant, de suspendre ou de contrôler les financements publics d'un parti qui manquerait gravement aux principes fondamentaux de la République afin de protéger l'ordre public.

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En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.

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