Question de Mme BRIANTE GUILLEMONT Sophie (Français établis hors de France - RDSE-R) publiée le 05/03/2026

Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la prise en compte de la dépendance dans les politiques sociales mises en oeuvre par les postes consulaires à l'égard des Français établis hors de France.

L'évolution démographique conduit à une augmentation continue du nombre de Français âgés résidant à l'étranger. Une part croissante de ces compatriotes se trouve confrontée à des situations de dépendance liées à l'âge, souvent dans un contexte de grande fragilisation sociale : absence ou rupture de liens familiaux tant avec la France qu'au niveau local, faibles ressources, voire inexistence de pension de retraite, et isolement accru.

Nombre de ces Français vivent à l'étranger depuis plusieurs décennies, voire depuis toujours. Pour eux, un retour en France ne constitue pas nécessairement une option réaliste ni souhaitable. Il peut se heurter à l'absence de réseau familial ou social sur le territoire national, à des difficultés administratives et matérielles, ainsi qu'à un véritable « choc du retour » susceptible d'aggraver leur vulnérabilité et leur état de santé.

Dans de nombreux pays, les sociétés de bienfaisance et associations françaises jouent un rôle essentiel d'accompagnement et de soutien. Toutefois, celles-ci rencontrent aujourd'hui de fortes difficultés, liées notamment au renouvellement de leurs bénévoles et à des moyens financiers limités, qui ne leur permettent pas de répondre durablement à l'augmentation et à la complexification des besoins. Par ailleurs, si certains postes consulaires ont su développer des partenariats avec des structures locales ou des établissements d'accueil pour personnes âgées, parfois historiques, ces dispositifs demeurent hétérogènes et très inégalement répartis selon les pays.

Dans ce contexte, la prise en charge de la dépendance des Français de l'étranger apparaît insuffisamment anticipée et structurée, alors même que les besoins sont appelés à croître fortement dans les années à venir, et que les solutions fondées sur un retour en France ne sauraient constituer une réponse systématique.

Elle lui demande ainsi comment le ministère appréhende ce phénomène du vieillissement et de la dépendance des Français établis hors de France, quelles sont les bonnes pratiques actuellement observées ou encouragées au sein des postes consulaires, et si une réflexion est engagée en vue d'une adaptation ou d'une refonte des dispositifs d'aides sociales consulaires afin de mieux répondre à ces situations de dépendance, dans une logique d'anticipation, d'équité et de dignité pour nos compatriotes concernés.

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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.

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