Question de M. BILHAC Christian (Hérault - RDSE) publiée le 05/03/2026

M. Christian Bilhac attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la dégradation des conditions d'exercice des directrices et directeurs d'écoles et plus généralement du personnel des établissements du premier degré. La situation est grave, conduisant un syndicat professionnel à lancer, en décembre 2025, l'initiative intitulée : "la journée de la mule". Cette action consiste, pour les directeurs et directrices d'écoles, à écrire chaque mois aux parlementaires pour détailler l'une de leurs journées de travail. Le tableau dressé est alarmant : débordés par les tâches administratives, par la gestion des remplacements et des relations avec les parents, les chefs d'établissement peinent à assurer correctement leur fonction d'enseignant. Les conditions de travail dans les établissements scolaires du premier degré ne cessent de se détériorer. La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 prévoit la suppression de 4 000 postes d'enseignants, dont 2 200 dans le premier degré, au prétexte d'anticiper une baisse démographique. En plus d'écarter la possibilité de soulager le personnel déjà en poste dans les établissements, cette politique masque la survivance de situations de sous-effectif intenables dans certains territoires. La précarité du statut des postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), qui constituent un pilier de l'inclusivité à l'école, tout comme l'absence de mesure innovante pour soulager les enseignants des tâches administratives chronophages, sont également à déplorer. Le Gouvernement semble rester sourd à l'expression de cette détresse, considérant que la baisse du nombre d'élèves à venir, toute relative en fonction des régions, suffirait à justifier une politique d'austérité en matière de ressources humaines dans l'éducation nationale. Au contraire, les conditions d'exercice du personnel des établissements scolaires du premier degré ne dépendent pas uniquement de considérations numériques et devraient être revalorisées dans l'intérêt des élèves, le seul qui compte vraiment. La dégringolade de la France, depuis plusieurs années, dans le classement du programme international pour le suivi des acquis des élèves démontre l'urgence de renverser cette tendance en réformant l'organisation de notre système scolaire du premier degré. C'est pourquoi, il lui demande de prendre des mesures adaptées, pour revaloriser les conditions d'exercice des directrices et directeurs d'école ainsi que du métier d'enseignant dans sa globalité afin de promouvoir une éducation de qualité.

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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

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