Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE-K) publiée le 05/03/2026
M. Fabien Gay interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur les réponses que ce ministère entend apporter aux mobilisations des communautés éducatives franciliennes.
Le 17 février 2026, l'ensemble des organisations syndicales franciliennes représentatives des communautés éducatives ont appelé à la mobilisation contre les décisions gouvernementales prises en janvier 2026 qui visent à réduire, encore une fois, les moyens de l'éducation nationale.
Ainsi, à la rentrée de septembre 2026, ce sont 1 891 postes d'enseignants dans le premier degré qui pourraient être supprimés, et 1365 dans le second.
Notons que ces chiffres correspondent aux destructions d'emploi qu'avait annoncé le Gouvernement de François Bayrou en 2024, avant de renoncer à ce projet.
Pour justifier son choix, le Gouvernement s'appuie sur une baisse démographique, sans plus de détail. En revanche, c'est l'angle mort concernant les difficultés structurelles que rencontrent d'ores et déjà les communautés éducatives et les élèves.
Dans la région Île-de-France, ce sont 342 postes du premier degré qui seraient supprimés à la rentrée prochaine. Dans le second degré, quelle que soit l'évolution de la démographie scolaire, la stratégie déployée semble être toujours la même : celle d'une baisse de moyens. Quand les effectifs augmentent, rien n'est fait pour suivre cette tendance, mais quand les effectifs baissent, l'excuse est toute trouvée pour supprimer des postes.
Enfin, une baisse de la qualité de l'enseignement au lycée professionnel est à craindre : ces établissements, qui accueillent un public à la croisée de nombreuses inégalités sociales, scolaires et économiques, concentrent toutes les difficultés. Après deux réformes conduites en 7 ans qui ont subordonnés les débouchés des filières aux besoins du marché, on annonce désormais suppressions de postes et de classe aussi sèches que brutales.
Les conséquences de ces suppressions de postes seront de nouvelles fermetures de classes, une hausse des effectifs et du taux d'encadrement. Tout cela conduira à une nouvelle dégradation des conditions d'apprentissage pour les élèves, et des conditions de travail pour les personnels de l'éducation nationale.
La Seine-Saint-Denis est un département fortement marqué par les inégalités territoriales, et des ruptures d'égalité devant les services publics. En moyenne, un élève de Seine-Saint-Denis perd jusqu'à 1,5 année d'enseignement. Un récent sondage Eudoxa établissait que 44 % des habitants de Seine-Saint-Denis se disent insatisfaits par l'enseignement public, cette perte de confiance s'expliquant notamment par le non remplacement des professeurs absents. Enfin, selon un rapport de la cour des comptes publié en fin d'année 2025, les absences de professeurs en réseau d'éducation prioritaire (REP) sont moins remplacées en Seine-Saint-Denis qu'à Paris.
Comme élu du département attaché à la vitalité du service public d'éducation, il se joint aux revendications des syndicats des communautés éducatives et demande que ce projet de suppressions de poste soit abandonné à l'échelle départementale et nationale : il l'interroge donc sur les suites qu'entend apporter le ministère à la mobilisation des communautés éducatives.
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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.
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