Question de M. BELIN Bruno (Vienne - Les Républicains-R) publiée le 12/03/2026

M. Bruno Belin attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur l'adaptation des infrastructures sportives au changement climatique.
Depuis plusieurs années, la dégradation des conditions météorologiques affecte fortement l'organisation des compétitions de sports en extérieur, notamment celles de football amateur. Face à cette situation, les équipes municipales sont régulièrement contraintes de prendre des arrêtés rendant les terrains impraticables, entraînant ainsi des reports massifs de rencontres.
En conséquence, certains championnats départementaux se voient dans l'obligation de programmer des matchs les jours fériés ou pendant les vacances scolaires. Ces ajustements mettent toutefois en lumière une difficulté structurelle majeure : le manque de terrains synthétiques. À titre d'exemple, dans le département de la Vienne, on ne compte actuellement que neuf terrains synthétiques. Cette insuffisance entraîne une rupture d'équité sportive entre les clubs et fait peser un risque de décrochage des jeunes licenciés. Le football amateur constitue pourtant un levier éducatif, social et sanitaire. Pour continuer à jouer pleinement ce rôle, ses infrastructures doivent être adaptées aux réalités climatiques.
Au regard de ces constats, il semblerait opportun d'engager une réflexion nationale ambitieuse visant à créer un plan « 1 000 terrains synthétiques », à l'instar du programme des « 1 000 piscines Tournesol » lancé dans les années 1970, qui avait permis un rattrapage significatif en matière d'équipements aquatiques. Une programmation pluriannuelle permettrait de garantir une continuité minimale des compétitions sur l'ensemble du territoire.
Par conséquent, il demande au Gouvernement s'il envisage d'engager une réflexion sur ce sujet afin d'assurer la continuité des compétitions sportives en extérieur.

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Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative publiée le 07/05/2026

Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative porte une attention toute particulière aux enjeux d'adaptation du sport au changement climatique. Il a publié en décembre 2024 le premier plan national d'adaptation des pratiques sportives au changement climatique (PNACC sport) dont l'objectif est de préparer et adapter les pratiques, lieux de pratique, évènements sportifs, métiers du sport et modèles économiques conformément à la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC). S'agissant de l'adaptation des infrastructures sportives, la mesure 25 du PNACC sport prévoit un renforcement des exigences environnementales et des exigences minimales de résilience au changement climatique dans les cahiers des charges des projets de construction et rénovation des infrastructures. Cette mesure est pilotée par l'Association nationale des directeurs et des intervenants d'installations et services des sports (Andiiss) qui publiera un recueil de bonnes pratiques en matière de sobriété et de résilience des équipements sportifs d'ici fin 2026. Néanmoins, en l'état actuel des connaissances, il semble prématuré d'affirmer que d'investir dans des terrains synthétiques constitue une solution d'adaptation au changement climatique dès lors que la durabilité et la résistance aux aléas climatiques des solutions alternatives aux microplastiques (interdits à partir de 2031 en application du règlement européen REACH[1]), de type liège, noyaux d'olive, rafle de maïs, etc., n'est pas encore connue. Il est envisagé de réunir un groupe de travail REACH d'ici fin 2026 pour faire le point sur l'état d'avancement des retours d'expérience des collectivités ayant déjà fait le choix d'un matériau alternatif. [1] Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals

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