Question de M. GREMILLET Daniel (Vosges - Les Républicains) publiée le 12/03/2026
M. Daniel Gremillet interroge Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la situation particulièrement préoccupante des entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) dans le Grand Est, et plus spécifiquement dans le département des Vosges.
Ces entreprises, indispensables au fonctionnement des exploitations agricoles, à la gestion forestière, à l'entretien des paysages et à la résilience des territoires ruraux, ont du faire face, depuis 2025, à une accumulation de difficultés économiques qui menace leur pérennité.
D'une part, elles subissent une hausse continue et durable des coûts de production, liée notamment à l'augmentation du prix du gazole non routier (GNR), au renchérissement des pièces détachées, de la maintenance et des agroéquipements, dont certains ont connu des hausses de 20 à 25 % en quatre ans. Dans un territoire comme les Vosges, où les chantiers en pente, les sols humides et les matériels spécialisés entraînent une usure accélérée, cet effet ciseau est encore plus marqué.
D'autre part, les conditions climatiques exceptionnellement humides de 2023, 2024 et en partie 2025, ont réduit les fenêtres d'intervention, provoqué des retards ou annulations de chantiers, accru la casse mécanique et généré une surconsommation de carburant. Ces aléas ont fragilisé les trésoreries, déjà mises à mal par l'augmentation des charges.
Par ailleurs, les ETARF signalent une dégradation préoccupante de leur situation financière : retards de paiement, impayés, renégociations de tarifs après prestation, et impossibilité de répercuter les hausses de coûts sur leurs clients. Près de la moitié des entreprises déclarent une trésorerie dégradée en 2025. Dans les Vosges, où les entreprises sont souvent de petite taille et disposent de fonds propres limités, cette fragilité est particulièrement aiguë.
Enfin, cette situation conduit à un recul massif de l'investissement : 51 % des entreprises reportent leurs projets, 25 % vendent du matériel et 12 % gèlent les recrutements. Ce ralentissement compromet le renouvellement du parc, la transition écologique des matériels et la capacité d'intervention dans les zones rurales et forestières.
Dans un département où la forêt couvre près de la moitié du territoire et où les ETARF jouent un rôle essentiel dans la gestion forestière, l'entretien des infrastructures rurales et le soutien aux exploitations agricoles, cette fragilisation constitue un risque majeur pour l'économie locale et la continuité des services rendus aux territoires.
Il souhaite donc connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour soutenir la trésorerie des ETARF les plus fragilisées ; accompagner l'investissement, notamment pour les matériels adaptés aux zones de montagne, aux sols humides et à la transition écologique ; sécuriser les relations contractuelles entre ETARF, exploitants agricoles, filière forêt-bois et collectivités ; reconnaître pleinement le rôle territorial de ces entreprises dans les politiques agricoles, forestières et rurales ; et, plus largement, prévenir un décrochage structurel de la filière dans les territoires ruraux du Grand Est et des Vosges. Il souhaite aussi s'enquérir des réponses envisagées par le Gouvernement pour garantir la pérennité de ces entreprises essentielles au fonctionnement et à la résilience des territoires ruraux.
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En attente de réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
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