Question de M. ROJOUAN Bruno (Allier - Les Républicains-R) publiée le 19/03/2026

M. Bruno Rojouan attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les évolutions envisagées par le Gouvernement concernant le dispositif d'accompagnement des proches aidants.

En France, plus de huit millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en situation de perte d'autonomie, de handicap ou de maladie. Ainsi, une personne sur trois sera amenée à être aidante au moins une fois dans sa vie. Ces accompagnants, souvent indispensables, agissent par solidarité, par affection ou par engagement. Ils représentent un levier fondamental d'inclusion, de dignité et d'autonomie pour les personnes aidées, notamment dans les situations où l'autonomie est particulièrement réduite.

Pourtant, les associations alertent sur les limites des dispositifs existants, malgré les engagements pris dans le cadre de la stratégie nationale 2023-2027 « Agir pour les aidants ». Aujourd'hui, 20 % des aidants sont considérés en situation de charge mentale trop élevée, avec des répercussions importantes sur leur santé physique et psychologique. Beaucoup signalent que les aides sont difficiles à mobiliser, insuffisamment adaptées et conduisent, dans de nombreux cas, à réduire fortement, voire à interrompre, leur activité professionnelle.

Singulièrement, l'allocation journalière du proche aidant (AJPA), créée en 2020 pour permettre de concilier engagement personnel et vie professionnelle, demeure très peu utilisée. Selon la Caisse d'allocations familiales (CAF) et la Mutualité sociale agricole (MSA), seuls 1 645 bénéficiaires par mois étaient recensés en 2024, contre 1 079 en 2021, des chiffres sans commune mesure avec le nombre de proches aidants concernés.

Plusieurs difficultés sont identifiées : des démarches administratives lourdes, avec des délais de traitement pouvant atteindre plusieurs mois, un déficit d'information tant auprès des salariés que des employeurs, un tabou persistant autour de la situation d'aidant ou encore un niveau d'indemnisation jugé insuffisant - fixé à 66,84 euros nets par jour, dans la limite de 22 jours par mois.

Aussi, il souhaite savoir quelles évolutions le Gouvernement entend apporter au dispositif des proches aidants afin d'en améliorer la lisibilité, l'accessibilité et l'attractivité, notamment en matière d'information, de simplification administrative et de niveau d'indemnisation, et s'il envisage une révision plus globale du cadre actuel pour permettre une meilleure conciliation entre vie professionnelle, vie personnelle et engagement d'aidant.

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Transmise au Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées


En attente de réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées.

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