Question de M. DUFFOURG Alain (Gers - UC) publiée le 19/03/2026
M. Alain Duffourg attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation préoccupante du dispositif ASALEE (Action de santé libérale en équipe). Créé pour améliorer la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques et favoriser la coopération entre infirmiers et médecins généralistes, ce dispositif constitue aujourd'hui un levier essentiel pour l'accès aux soins de proximité, en particulier dans les territoires ruraux. Par son approche préventive et éducative, il contribue à améliorer le suivi des patients, à limiter les complications et à éviter des hospitalisations.
Toutefois, la pérennité du dispositif est aujourd'hui fragilisée par l'absence de régularisation des financements dus pour la période 2021-2025, incluant les mesures issues du Ségur de la santé. Ces montants représenteraient plus de 50 millions d'euros au niveau national, dont environ 13,4 millions d'euros pour les infirmières et 36 millions d'euros pour les médecins partenaires. Cette situation engendre des incertitudes pour les professionnels engagés dans le dispositif et risque de fragiliser l'attractivité de celui-ci, alors même qu'il contribue au maintien de l'offre de soins dans des territoires où la démographie médicale est sous tension.
Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour régulariser rapidement les financements dus, dans quels délais cette régularisation pourrait intervenir, et quelles garanties seront apportées afin d'assurer la stabilité et la pérennité du dispositif ASALEE.
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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 07/05/2026
Créée en 2004, l'association Asalée organise une coordination renforcée entre médecins et infirmiers pour le suivi de quatre pathologies chroniques sur la base d'un protocole de coopération permettant des délégations d'actes pour libérer du temps médical. Financée par l'Assurance maladie à hauteur de 97 % depuis 2015, l'association rémunère directement les infirmiers mis à disposition des médecins. Une mission de contrôle de la gestion et du déploiement du dispositif Asalée a été confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en juillet 2024. L'IGAS a documenté des irrégularités dans la gestion de l'association. Les pouvoirs publics ont donc conditionné la poursuite du financement par l'Assurance maladie de l'association à la mise en conformité avec les recommandations du rapport. Malgré les nombreux échanges ayant eu lieu avec l'association depuis l'été 2025, les discussions n'ont pas abouti. Tout a été fait pour maintenir la continuité de l'activité de l'association (versement d'une aide exceptionnelle en trésorerie, maintien du financement jusqu'en novembre 2025). Malgré ces efforts des pouvoirs publics, l'association n'a toujours pas commencé à mettre en oeuvre les recommandations les plus prioritaires. Par ailleurs, l'association n'est pas à jour du paiement des cotisations sociales légalement dues au titre de l'emploi des infirmiers qu'elle salarie. Le paiement de ces cotisations relève de la responsabilité de l'association, en sa qualité d'employeur. Le non-respect systématique de ses engagements par l'association n'a pas permis la poursuite de son financement par l'Assurance maladie. L'association s'est donc déclarée en cessation de paiement le 5 mars 2026. Une procédure de redressement judiciaire a été ouverte par le tribunal des activités économiques de Paris le 27 mars 2026, deux administrateurs judiciaires se sont vus confier la représentation de l'association. Par ailleurs, les mandataires judiciaires désignés ont adressé les relevés de créances salariales pour les salaires du mois de février 2026 des 1 960 salariés de l'association le 31 mars 2026 et l'association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés a validé le 1er avril 2026 la prise en charge de ces derniers à hauteur de 5,54 Meuros. L'Assurance maladie et la direction de la sécurité sociale s'engagent à participer de la manière la plus constructive possible, comme ils l'ont toujours fait, à la procédure de redressement judiciaire et à mettre en oeuvre tous les moyens en leur possession pour garantir la continuité du dispositif Asalée sur des bases assainies avec une gouvernance apaisée et offrant toutes les garanties de transparence nécessaires au maintien des relations. Conformément aux déclarations de la ministre de la santé, aucun professionnel de santé engagé au service des patients ne sera laissé sans solution. La protection des professionnels, la continuité des soins et la confiance dans l'action publique demeurent la priorité absolue des pouvoirs publics.
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