Question de M. DARRAS Jérôme (Pas-de-Calais - SER) publiée le 19/03/2026
M. Jérôme Darras attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la prise en charge du lipoedème.
Maladie chronique évolutive du tissu adipeux, le lipoedème toucherait près d'une femme sur dix et près de 3,5 millions de femmes en seraient potentiellement atteintes en France.
Cette pathologie, reconnue comme telle par l'Organisation mondiale de la santé depuis 2018, se caractérise par une accumulation anormale et symétrique de graisse sous-cutanée, principalement au niveau des membres inférieurs,associée à des douleurs spontanées, une hypersensibilité au toucher, une tendance aux ecchymoses et une sensation de lourdeur persistante.
Le lipoedème peut être particulièrement invalidant. Il entraîne des limitations fonctionnelles importantes (difficultés à la marche, gêne dans les activités quotidiennes, aggravation possible vers un lymphoedème secondaire) et s'accompagne souvent d'un retentissement psychologique et social important.
Aujourd'hui, les traitements proposés sont essentiellement des soins conservateurs destinés à freiner son évolution comme le port de dispositifs de compression, la kinésithérapie spécialisée ou le drainage lymphatique manuel. Dans les formes les plus avancées, seule une intervention chirurgicale peut permettre un soulagement durable des douleurs et une amélioration de la mobilité.
Or, cette maladie n'étant pas reconnue en France, ni les soins conservateurs, ni les dispositifs médicaux nécessaires ou les interventions chirurgicales à visée fonctionnelle ne sont pris en charge par l'assurance maladie. De fait, ces traitements très onéreux sont à la charge des femmes touchées par cette maladie.
Cette situation place de nombreuses patientes dans une impasse thérapeutique et financière.
Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures qu'elle entend prendre pour assurer une meilleure reconnaissance du lipoedème, renforcer la sensibilisation et la formation des professionnels de santé et améliorer la prise en charges des personnes touchées par cette pathologie.
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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 11/06/2026
Le lipoedème ne doit pas être confondu avec le lymphoedème, ce qui est souvent le cas, il n'est pas reconnu comme une maladie selon la classification internationale CIM 11. Il s'agit plus particulièrement d'une répartition anormale du tissu adipeux allant des hanches jusqu'aux chevilles en épargnant le pied. La douleur au pincement, la peau souple, les ecchymoses fréquentes ou encore des signes d'insuffisance veineuse sont des signes cliniques qui caractérisent le lipoedème. A ce jour, il n'est pas possible de parler de traitement pour le lipoedème qui est plutôt un syndrome qu'une maladie. L'action sur les symptômes s'effectue principalement par la compression élastique pour lutter contre les oedèmes pouvant survenir ou encore la chirurgie avec liposuccion et exérèses cutanées. Cette approche chirurgicale présente le risque de détruire les vaisseaux lymphatiques, ayant pour conséquence l'apparition d'un lymphoedème. Ainsi, l'indication chirurgicale ne peut être posée qu'après examen pour éliminer une pathologie lymphatique sous-jacente. L'action sur les symptômes s'effectue également par des conseils pratiques de vie au quotidien, que ce soit sur le port de vêtements adaptés, des conseils diététiques prenant en compte l'état de santé du patient et une activité physique, notamment aquatique, qui peut également contribuer à diminuer les douleurs superficielles. Concernant la prise en charge de soins coûteux, les personnes atteintes de lipoedème peuvent faire une demande d'aide financière individuelle auprès de leur caisse primaire d'assurance maladie. En effet, l'action sanitaire et sociale de l'Assurance maladie peut permettre de bénéficier d'une aide financière ponctuelle, en complément des prestations (remboursement des soins, indemnités journalières ) habituellement versées. Il est également possible de déposer un dossier auprès d'une maison départementale des personnes handicapées.
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