Question de Mme RENAUD-GARABEDIAN Évelyne (Français établis hors de France - Les Républicains-R) publiée le 26/03/2026
Mme Évelyne Renaud-Garabedian interroge Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger sur le recul effectif de l'usage du français dans les organisations internationales.
Le rapport 2026 de l'Organisation internationale de la Francophonie, publié le 16 mars 2026, met en évidence un phénomène préoccupant : si le nombre de locuteurs du français progresse à l'échelle mondiale, son usage recule dans les lieux où s'élaborent les normes, les décisions et les compromis internationaux. Ce recul est aujourd'hui documenté dans plusieurs enceintes majeures. Au sein de l'Organisation des Nations unies, où le français, pourtant langue de travail du Secrétariat, est de moins en moins utilisé dans les réunions techniques et les documents préparatoires, souvent rédigés directement en anglais. Au sein de l'Union européenne, où, en dépit du régime juridique d'égalité des langues fixé par le règlement n° 1/1958, l'anglais tend à s'imposer comme langue de travail quasi exclusive dans les échanges internes, y compris depuis le retrait du Royaume-Uni. Au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques, historiquement bilingue, où l'anglais domine désormais largement les productions et les travaux techniques. Dans les instances internationales de normalisation, notamment l'Organisation internationale de normalisation, où l'anglais est devenu la langue de référence dans l'élaboration des standards, conditionnant de fait les pratiques économiques et industrielles. Ces évolutions traduisent un décalage croissant entre le statut juridique du français, reconnu comme langue officielle ou de travail dans de nombreuses organisations, et son usage effectif dans les processus décisionnels.
Elle souhaite savoir si le Gouvernement dispose d'un état des lieux précis et actualisé de l'usage réel du français, organisation par organisation, notamment dans les réunions de travail, les documents préparatoires et les négociations techniques. Elle lui demande si des situations de non-respect du principe de multilinguisme ont été identifiées au cours des dernières années, ainsi que quelles instructions sont données aux représentants français pour veiller à l'usage du français dans les enceintes internationales. Elle souhaiterait enfin connaître les initiatives concrètes que le Gouvernement entend porter, au niveau diplomatique et européen, pour restaurer la place du français comme langue de travail, et non plus seulement comme langue de statut.
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En attente de réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger.
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