Question de Mme BESSIN-GUÉRIN Marie-Pierre (Loire-Atlantique - Les Indépendants) publiée le 26/03/2026
Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences importantes de l'escalade militaire au Moyen-Orient pour les territoires ruraux et périurbains, déjà fragilisés.
L'envolée des prix de l'énergie, avec une hausse de 30 % du baril de pétrole en quelques jours, frappe de plein fouet les habitants des campagnes, où la voiture reste le seul moyen de transport pour plus de 80 % des déplacements quotidiens. L'absence d'alternatives réelles, due souvent à un manque d'investissement dans les transports en commun et les diverses mobilités possibles en milieu rural, rend les ménages et les acteurs du monde économique dépendants de la voiture. Avec un litre d'essence flirtant ou dépassant désormais les 2 euros dans de nombreuses stations, les budgets des familles rurales, souvent déjà précaires, sont mis à rude épreuve. Les sacrifices sur d'autres postes de dépenses, comme l'alimentation ou le chauffage, deviennent inévitables.
De même, les agriculteurs, piliers de l'économie rurale, subissent eux aussi de plein fouet cette crise. Le gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des tracteurs, a vu son prix bondir de 30 % depuis le début des frappes en Iran. Cette hausse se répercute directement sur les coûts de production : il faut désormais produire 4 litres de lait pour acheter 1 litre de GNR. En pleine période de semis, cette situation aggrave encore la fragilité des exploitations, déjà affectées par la dermatose nodulaire, les mauvaises récoltes de l'an dernier (2025), les intempéries et la baisse des prix à la production imposée par la grande distribution.
La dépendance aux importations d'engrais azotés, dont le prix s'envole en raison de la suspension du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, ajoute une pression supplémentaire. Les agriculteurs, déjà en première ligne face aux aléas climatiques et économiques, voient leurs marges se réduire comme peau de chagrin, tandis que la grande distribution annonce des hausses de prix pour les consommateurs.
Face à cette crise, les mesures ponctuelles, comme le renforcement des contrôles sur les stations-service, sont importantes mais risquent de rester insuffisantes. Plusieurs pays européens, comme la Grèce, la Hongrie ou la Croatie, ont choisi de bloquer les prix pour protéger les consommateurs. La France, dont les territoires ruraux sont particulièrement vulnérables, ne peut se contenter d'aides au compte-goutte.
Elle souhaite connaître la position du ministre sur ces enjeux et les mesures concrètes qu'il envisage de mettre en oeuvre pour soutenir les ménages, les acteurs du monde économique en zone rurale et les agriculteurs .
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Transmise au Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
En attente de réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
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