Question de M. CABANEL Henri (Hérault - RDSE) publiée le 26/03/2026
M. Henri Cabanel attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation particulièrement préoccupante du recrutement des enseignants d'occitan-langue d'oc dans l'enseignement public.
La Fédération des enseignants de langue et culture d'oc (FELCO) lui a en effet fait part des chiffres annoncés pour la session 2026 du certificat d'aptitude professionnelle à l'enseignement secondaire (CAPES) d'occitan-langue d'oc : trois postes seulement seraient ouverts, exclusivement dans le cadre du concours accessible au niveau licence (bac+3), sans aucune ouverture de postes au niveau master (bac+5). Ce nombre apparaît manifestement insuffisant au regard de plusieurs éléments convergents.
D'une part, l'étendue du territoire concerné est sans commune mesure avec les moyens alloués. La langue occitane est présente sur 32 départements répartis sur 8 académies, ce qui revient à un ratio inférieur à un dixième de poste par département. Cette situation contraste fortement avec celle des autres langues régionales, pour lesquelles les ouvertures de postes sont proportionnellement bien plus élevées.
Les obligations légales issues de la loi n° 2021-641 du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, dite loi Molac, ont introduit dans le code de l'éducation l'objectif de proposer l'enseignement des langues régionales à tous les élèves qui le souhaitent. Or, le volume de postes annoncé ne permet en aucune manière de répondre à cette ambition législative ni d'assurer une égalité territoriale d'accès à cet enseignement.
Par ailleurs, la situation démographique du corps enseignant est particulièrement préoccupante. Le nombre de postes ouverts au CAPES d'occitan est passé d'environ vingt au début des années 2000 à trois aujourd'hui, alors même que les premières générations de professeurs certifiés recrutés dans les années 1990 approchent de l'âge de la retraite. Cette baisse drastique compromet gravement le renouvellement des effectifs et la pérennité de l'enseignement de l'occitan dans le second degré.
Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir un recrutement suffisant d'enseignants d'occitan et, plus largement, pour assurer le développement et la pérennisation de l'enseignement de cette langue régionale, conformément aux objectifs fixés par la loi Molac du 21 mai 2021.
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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.
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