Question de Mme BLATRIX CONTAT Florence (Ain - SER) publiée le 05/03/2026

Mme Florence Blatrix Contat souhaite rappeler l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie à propos de la situation extrêmement préoccupante de la filière silicium en France et en Europe. Notre filière silicium, et avec elle notre souveraineté industrielle, sont aujourd'hui gravement menacées. À la suite de plusieurs échanges avec lui, notamment lors d'une réunion organisée à Bercy le 26 novembre 2025, puis à l'occasion de la visite ministérielle du 8 janvier 2026 sur le site de Ferroglobe à Anglefort, dans le département de l'Ain, force est de constater que la situation demeure bloquée et que les perspectives restent incertaines. Le 18 novembre 2025, la Commission européenne a adopté des mesures de sauvegarde pour trois ans concernant quatre familles de ferro-alliages, mais le silicium métal en a été exclu. Or, les propriétés du silicium en font un matériau stratégique : il est indispensable à la fabrication des composants électroniques, des alliages destinés à l'automobile et à l'aéronautique, des panneaux photovoltaïques ainsi que des batteries. Ferroglobe est le premier producteur européen de silicium, et trois de ses usines sont implantées en France, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Exclue des mesures de sauvegarde décidées par la Commission européenne, la filière silicium attend donc désormais la mise en place d'autres dispositifs de protection afin de faire face à une concurrence internationale déloyale, principalement en provenance de Chine. Cependant, malgré les annonces, ces mesures tardent à être mises en oeuvre et la filière demeure sans visibilité. Le producteur allemand a d'ores et déjà annoncé l'arrêt de sa production d'ici fin 2026, alors même que les prix du marché restent environ 40 % inférieurs aux coûts de production occidentaux. Ferroglobe a relancé une production minimale en Espagne et en France, notamment avec le redémarrage d'un four sur le site d'Anglefort. Néanmoins, l'incertitude actuelle fait peser un risque majeur sur la pérennité de l'activité industrielle et sur des centaines d'emplois. Il est urgent que l'Union européenne adresse un signal fort et immédiat en faveur de l'industrie du silicium, afin de préserver les emplois, les savoir-faire et notre souveraineté industrielle. Cette filière est stratégique : elle est au coeur de notre autonomie dans les domaines de l'électronique, de l'aéronautique, de l'automobile et de la transition énergétique. Dans ce contexte, quelles initiatives le Gouvernement entend-il prendre pour obtenir, dans les plus brefs délais, la mise en place de mesures anti-dumping européennes réellement efficaces ? Alors que le Gouvernement affirme sa volonté de réindustrialiser le pays, il est impératif de préserver nos sites industriels existants dans un secteur aussi stratégique, avant même d'évoquer de nouvelles relocalisations. Il y a urgence : les salariés et leurs familles vivent aujourd'hui dans une profonde inquiétude. Quelles actions concrètes et rapides le Gouvernement compte-t-il engager pour garantir l'avenir de la filière silicium en France ?

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En attente de réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie.

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