Question de Mme FÉRET Corinne (Calvados - SER) publiée le 19/03/2026
Mme Corinne Féret attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur la situation financière préoccupante du secteur associatif dans le Calvados, comme partout en France.
Pour rappel, notre pays compte environ 1,5 million d'associations actives, qui s'appuient sur 1,8 million de salariés (soit environ 10 % de l'emploi privé) et 20 millions de bénévoles. L'évolution de l'emploi associatif en région Normandie est moins dynamique qu'au plan national, et ce depuis 2017. Si la reprise observée au cours des quatre dernières années, à la suite de la crise sanitaire, est tout aussi prononcée, elle ne permet toutefois pas au secteur associatif normand de rattraper le retard accumulé.
Surtout, alors que l'État s'appuie sur ces associations et leur demande de réaliser de plus en plus de missions, dans le même temps, loi de finances après loi de finances, il acte des coupes budgétaires affectant la vie associative et, plus globalement, les moyens dédiés à la jeunesse, au sport, à la culture et à la cohésion des territoires. D'autres enjeux essentiels pour la société sont lourdement impactés, tels que l'insertion par l'activité économique, ce qui compromet directement le développement local et l'insertion socioprofessionnelle des personnes éloignées de l'emploi, ou encore l'économie circulaire et l'inclusion numérique.
Les associations doivent également faire face à une augmentation de leurs coûts de fonctionnement (location des locaux, factures énergétiques, etc.). Dans ce contexte, le relèvement de 1 000 à 2 000 euros du plafond de la défiscalisation connue sous le nom de « niche Coluche », destiné à encourager la générosité des Français au profit du secteur associatif, ne saurait suffire.
À l'heure actuelle, un tiers de ces structures à but non lucratif dispose de moins de trois mois de trésorerie et nombre d'entre elles envisagent de réduire leur masse salariale, voire de mettre la clé sous la porte. Dans nos territoires, les communes le savent bien : ceci n'est pas sans conséquences, les associations y jouant un rôle unique dans le sport, la culture, l'accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap, l'accès aux soins ou aux droits, ainsi que pour la solidarité et l'éducation populaire, notamment. Dans le Calvados comme ailleurs, les habitants sont directement impactés, en particulier les plus modestes et les plus fragiles.
Alors que la société est confrontée à des défis sociaux, écologiques, culturels, économiques et démocratiques sans précédent, ces associations doivent disposer des moyens nécessaires pour exercer leurs missions et développer leurs activités, essentielles à la vie des territoires. En conséquence, elle lui demande quels moyens et quelles actions le Gouvernement compte mettre en oeuvre afin de les protéger et de garantir leur bon fonctionnement.
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En attente de réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
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