Question de M. RAVIER Stéphane (Bouches-du-Rhône - NI) publiée le 02/04/2026

Question posée en séance publique le 01/04/2026

M. le président. La parole est à M. Stéphane Ravier, pour la réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe.

M. Stéphane Ravier. Le meilleur pour la fin, comme de coutume !

Monsieur le ministre de l'intérieur, à Marseille, le groupuscule Riposte antifasciste vient de lancer « Balance ton facho », un formulaire encourageant les militants à recueillir « l'identité d'un facho dans [sa] fac et [son] lieu de travail ».

En septembre dernier, ces mêmes antifas marseillais collaient déjà des affiches comportant des renseignements personnels sur des militants de droite.

Entre-temps, à Lyon, des membres de la Jeune Garde antifa ont tué un opposant politique en plein jour.

Cette escalade de la violence d'extrême gauche est inexorable, car elle s'autojustifie en taxant de fascisme tout ce qui ne vient pas d'elle.

Fait nouveau, la violence s'invite désormais lors des élections : lorsque l'extrême gauche l'emporte, ses militants brutalisent physiquement les vaincus, ainsi que nous l'avons constaté à Vaulx-en-Velin, à Creil, à Mantes-la-Jolie ou au Blanc-Mesnil, chez notre collègue Thierry Meignen, auquel j'exprime ici tout mon soutien.

Quand l'extrême gauche perd, ses petites mains couvertes de sang sèment la terreur dans les rues, comme à Rillieux-la-Pape ces derniers jours, ou saccagent les mairies, à l'instar de celle de Fresnes samedi dernier.

La violence politique ne provient pas du camp national, mais exclusivement de l'extrême gauche.

M. Mickaël Vallet. Bien sûr ! Et l'huile de ricin, c'est de l'eau minérale !

M. Stéphane Ravier. Même si nombre de maires violemment remplacés lors des élections portent la responsabilité de s'être menti à eux-mêmes et d'avoir menti aux Français sur les prétendus bienfaits du communautarisme, ces actes demeurent sans précédent.

Vous qui vous croyez à l'abri, sachez que votre tour viendra si rien ne change ! Il ne suffit pas de prendre conscience du parfum révolutionnaire et de l'ambiance séditieuse qui s'affichent au grand jour ; il faut adopter des mesures fermes pour arrêter l'avènement de cette « nouvelle France », qui n'est autre que l'anti-France.

Imaginez, mes chers collègues, que ce déferlement de menaces physiques émane du camp d'en face : le système politique, médiatique et judiciaire se montrerait intraitable !

Monsieur le ministre de l'intérieur, face à cette situation de rejet des règles républicaines et de haine de la France, et alors que Raphaël Arnault, chef de la milice antifa, ose faire son retour à l'Assemblée nationale aujourd'hui même, quand comptez-vous inscrire les mouvances antifas sur la liste des organisations terroristes ?

Enfin, quelles dispositions prévoyez-vous face aux intimidations et aux violences à venir le soir du second tour de l'élection présidentielle, quel qu'en soit le résultat ? (M. Alain Duffourg applaudit.)

- page 2241


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 02/04/2026

Réponse apportée en séance publique le 01/04/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, votre question est très vaste. Elle embrasse aussi bien les jeunes auteurs de violences urbaines que nous évoquions au sujet de Fresnes que l'ultragauche. Je répondrai aussi précisément que possible, mais une telle étendue entretient une certaine confusion dans vos propos.

Pour ma part, je m'en tiens à des certitudes.

La première, c'est que nous luttons de la même façon contre l'ultradroite et contre l'ultragauche. Il existe effectivement des mouvements d'ultragauche, dont la Jeune Garde, que vous avez mentionnée et qui, je le rappelle, a été dissoute...

M. Francis Szpiner. Par Bruno Retailleau !

M. Laurent Nunez, ministre. ... et fait maintenant l'objet d'une procédure pour reconstitution de ligue dissoute.

Je vous rappelle que les services de renseignement travaillent sur ces structures, que nous engageons des actions judiciaires et que ces mouvements sont suivis.

Par ailleurs, je vous laisse la responsabilité de vos propos concernant l'agression commise par des membres de la Jeune Garde sur celui que vous qualifiez d'« opposant politique ». La justice se prononcera sur la qualification des faits. Ce que je puis vous certifier, c'est que nous sommes tout aussi attentifs pour ce qui concerne l'ultradroite.

Vous m'interrogez sur l'opportunité de proposer au Premier ministre de qualifier la Jeune Garde ou d'autres groupuscules d'ultragauche de mouvements terroristes.

Je ne résiste pas à l'envie de vous rappeler les chiffres de ces dernières années : parmi les dossiers ouverts au Parquet national antiterroriste (Pnat) au titre des mouvances dites ultras, on en dénombre plus d'une quinzaine concernant l'ultradroite, contre un seul pour l'ultragauche. (Marques d'approbation sur les travées des groupes SER et CRCE-K.)

Pour ma part, je renvoie tout ce monde dos à dos.

M. Stéphane Ravier. C'est bien le problème !

M. Laurent Nunez, ministre. Pour autant, il est utile de rappeler les chiffres avec précision : aucune de ces mouvances ne l'emporte sur l'autre en matière de violence ; il faut les condamner l'une et l'autre. (M. Ahmed Laouedj applaudit.)

J'attends ainsi d'un sénateur de la République qu'il condamne la violence d'ultradroite comme celle qui vient de l'ultragauche, car la violence n'a pas sa place en démocratie. (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes SER, CRCE-K, GEST et RDSE, ainsi que sur des travées du groupe UC.)

M. Stéphane Ravier. C'est l'ultragauche qui tue, pas l'ultradroite !

- page 2241

Page mise à jour le