Question de M. FOLLIOT Philippe (Tarn - UC) publiée le 09/04/2026
Question posée en séance publique le 08/04/2026
M. le président. La parole est à M. Philippe Folliot, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
M. Philippe Folliot. Ma question s'adresse à Mme la ministre des armées et des anciens combattants.
Cette nuit, la planète a retenu son souffle. Aujourd'hui, elle respire mieux. Pour combien de temps ? Les convulsions du monde et les circonvolutions erratiques du président Trump ne nous permettent plus de le savoir.
Plus particulièrement, pendant combien de temps l'Union européenne respirera-t-elle l'air de la paix ? Ces dernières semaines, la guerre en Iran a détourné l'attention internationale du théâtre ukrainien. Pourtant, ce qui s'y joue détermine l'avenir de l'Europe. Par-delà la seule Ukraine, nous le savons, les réseaux prorusses sont de plus en plus actifs dans les pays baltes, où les risques d'une action de la Russie via ses proxys sont réels, pour ne pas dire très forts.
Puisque, contrairement à l'Ukraine, les pays baltes sont membres de l'Union européenne et de l'Otan, que ferons-nous alors ? La question est d'autant plus capitale que, depuis un an, Donald Trump a profondément remis en cause l'Otan, alliance défensive créée en 1949 et fondée sur le principe de mutuelle assistance.
Une telle remise en cause culmine avec la guerre menée contre l'Iran. En sollicitant l'alliance pour intervenir aux côtés des États-Unis dans son action offensive, Trump en a méconnu autant l'esprit que la règle - je pense aux articles 4 et 5 du traité de l'Atlantique Nord. Par ailleurs, nous ne sommes désormais plus assurés de l'assistance américaine.
Monsieur le ministre, en cas d'agression russe, directe, indirecte ou hybride dans les pays baltes, pourra-t-on encore compter sur l'Otan pour réagir ? Si l'Otan faillait, que proposerait la France et que pourrait faire l'Europe ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - M. Marc Laménie applaudit également.)
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Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 09/04/2026
Réponse apportée en séance publique le 08/04/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur Philippe Folliot, je vous prie d'excuser l'absence de Mme Catherine Vautrin, ministre des armées et des anciens combattants, qui aurait dû vous répondre, mais qui est retenue par une audition parlementaire.
Vous avez posé trois questions.
La première portait sur la politique étrangère des États-Unis d'Amérique. Le Président de la République l'a rappelé, la semaine dernière, depuis l'Asie : celle-ci introduit une forme d'incertitude face à laquelle il nous faut réagir.
De quelle manière ? Il nous faut tout d'abord protéger les Françaises et les Français. Le Premier ministre vient d'indiquer l'ensemble des mesures sur lesquelles travaille le Gouvernement.
Il nous faut ensuite nous défaire d'un certain nombre de servitudes et de dépendances qui font que, aujourd'hui, nous avons à subir les conséquences de conflits qui se jouent loin de nous et auxquels nous ne prenons pas part.
Votre deuxième question portait sur la guerre en Iran. Celle-ci ne nous a pas détournés, ne nous détourne pas et ne nous détournera pas de ce qui se passe en Ukraine, où se joue en effet l'avenir de la sécurité et de la paix sur le continent européen.
D'ailleurs, nous l'avons vu ces derniers jours, pour masquer son échec sur le front, puisqu'il ne progresse plus et que les Ukrainiens reprennent du terrain, Vladimir Poutine a franchi de nouvelles lignes rouges en ciblant en plein jour des civils, en tuant des femmes et des enfants et en visant des infrastructures énergétiques.
Notre soutien est indéfectible. Grâce aux 90 milliards d'euros décidés à l'échelon européen, nous placerons l'Ukraine à l'écart de toute difficulté financière à l'avenir. En outre, le soutien militaire des alliés de l'Ukraine - au sein de l'Europe comme au-delà - se poursuivra.
Enfin, votre troisième question avait trait à la réponse de l'Otan, à un moment où les États-Unis semblent vouloir accélérer la mise en oeuvre des décisions qu'ils ont annoncées depuis bien longtemps, c'est-à-dire une réduction de leur niveau d'engagement.
Face à ces décisions américaines, on peut se lamenter. On peut se comporter comme des spectateurs. Ou, au contraire, on peut y voir une chance, celle de bâtir ce pilier européen de l'Otan, d'européaniser l'Otan, d'y développer nos capacités et notre vision pour renforcer l'Europe et la rendre plus forte et plus souveraine. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Folliot, pour la réplique.
M. Philippe Folliot. Monsieur le ministre, je vous remercie de votre réponse.
Pour autant, vous n'avez pas répondu à ma question sur les pays baltes. Tous les observateurs le savent : la menace d'une intervention russe, directe, indirecte ou hybride, est une réalité. Nous devons nous y préparer. (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - M. Marc Laménie applaudit également.)
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