Question de Mme de MARCO Monique (Gironde - GEST) publiée le 16/04/2026

Question posée en séance publique le 15/04/2026

M. le président. La parole est à Mme Monique de Marco, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)

Mme Monique de Marco. Monsieur le ministre, depuis quelques semaines, avec la crise en Iran, le monde fait face à un nouveau choc énergétique. La hausse du prix des énergies fossiles rend le modèle du tout-voiture inaccessible.

Dans ce contexte, le train est une alternative évidente.

Nos voisins européens l'ont compris : certains ont fait du rail une priorité, avec des investissements massifs dans la régénération et la modernisation des réseaux.

En France, les petites lignes ferment les unes après les autres, les trains de nuit sont délaissés et des gares ne sont plus desservies, au grand regret des usagers quotidiens et des élus. Des trains sont saturés et les billets toujours trop chers.

Pourtant, dans le même temps, notre pays continue d'investir dans un projet dépassé et coûteux : la ligne à grande vitesse (LGV) du Sud-Ouest.

Ce projet, estimé à plus de 14 milliards d'euros, apparaît de plus en plus fragile au moment où nos finances publiques sont sous tension.

Aujourd'hui, l'avis du Conseil d'orientation des infrastructures (COI) doit nous alerter : coûts en forte hausse, calendrier incertain, impact environnemental désastreux, notamment pour la vallée du Ciron... Tous les signaux sont au rouge.

Monsieur le ministre, les hésitations n'ont que trop duré. Il est temps de prendre acte des difficultés et d'abandonner ce projet.

Le Conseil d'orientation des infrastructures a clairement donné la priorité à la modernisation des lignes existantes. Je le cite : « À quoi ressemblerait un pays engagé dans plusieurs très grands projets d'infrastructures nouvelles, mais dont le réseau ferroviaire connaîtrait un véritable effondrement ? »

Dès lors, ma question est simple : allez-vous enfin réorienter les milliards prévus pour la LGV du Sud-Ouest vers les trains du quotidien ? Allez-vous répondre à l'urgence sociale, écologique et énergétique ou persisterez-vous dans un projet coûteux, incertain et déconnecté des besoins réels des Français ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)

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Réponse du Ministère des transports publiée le 16/04/2026

Réponse apportée en séance publique le 15/04/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre des transports.

M. Philippe Tabarot, ministre des transports. Madame la sénatrice de Marco, je tiens tout d'abord à vous remercier pour la publicité que vous venez de faire au projet de loi-cadre que j'aurai l'occasion de présenter au Sénat aujourd'hui même.

Mesdames, messieurs les sénateurs, je compte sur votre présence à tous dans l'hémicycle tout à l'heure, en écho au plaidoyer que Mme de Marco vient de prononcer sur le ferroviaire !

M. Jean-Baptiste Lemoyne. Nous serons là !

M. Philippe Tabarot, ministre. Je précise que le rapport du Conseil d'orientation des infrastructures n'a, à ce stade, pas encore été officiellement rendu au Gouvernement.

Je rappelle également - et je tiens à être clair sur ce point - que le COI est, comme son nom l'indique, un organe consultatif composé d'experts et de parlementaires, dont le rôle est d'éclairer les choix publics. Cependant, les décisions politiques appartiennent bien au Gouvernement.

Contrairement à ce que vous affirmez, madame la sénatrice - certains parlementaires que j'ai reçus partagent votre avis -, le projet Ligne nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) est un projet d'intérêt public majeur, au service de millions de nos concitoyens.

Il est attendu par de nombreux élus, en particulier en Occitanie, mais aussi dans certains territoires traversés par la ligne, qui y voient l'opportunité d'une transformation profonde de leur accessibilité et de leur attractivité.

Ce n'est pas un projet imposé d'en haut : c'est un projet des territoires, que nous construisons avec un certain nombre de collectivités, notamment avec deux régions concernées, accessoirement présidées par des élus de votre sensibilité politique, que - je le sais - vous soutenez. (Sourires sur les travées du groupe GEST.)

Je vous entends sur la question du financement ; il est vrai que celle-ci mérite une réponse sérieuse et structurée. À l'heure où je vous parle, plusieurs pistes sont à l'étude avec les différents cofinanceurs.

Permettez-moi également de dire quelques mots de l'aspect européen de ce projet, qui s'inscrit pleinement dans le réseau ferroviaire stratégique de l'Union européenne sur le corridor atlantique. Il est attendu par la péninsule ibérique et bénéficie d'un soutien fort de nos partenaires européens.

Renoncer à ce projet reviendrait non seulement à tourner le dos à nos territoires, mais aussi à fragiliser notre place dans l'Europe des mobilités. (MM. François Patriat et Bruno Belin applaudissent.)

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