Question de Mme BÉLIM Audrey (La Réunion - SER) publiée le 16/04/2026
Question posée en séance publique le 15/04/2026
M. le président. La parole est à Mme Audrey Bélim, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Mme Audrey Bélim. Monsieur le ministre du travail et des solidarités, vos décisions ne sont pas que des lignes budgétaires : à La Réunion, ce sont des vies que l'on fragilise.
L'Insee le confirme, la suppression de 1 100 parcours emploi compétences (PEC) en 2025 fait déjà reculer l'emploi public. Vous persistez : le nombre de contrats aidés baissera de 68 % en 2026, dans des territoires où le chômage reste à 16 %, soit deux fois la moyenne nationale. C'est une faute.
Oui, les PEC sont des contrats précaires, mais à La Réunion, le secteur marchand ne peut pas tout absorber. Les PEC sont trop souvent le seul premier pas vers l'emploi. Les supprimer, c'est fermer la porte à toute une génération. C'est aussi mettre nos communes à genoux. Demain, qui sera dans nos écoles ? qui accompagnera nos enfants ?
À Saint-Denis, nous avons choisi de placer un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) par classe : comme nos enfants ont moins d'opportunités qu'ailleurs, ils ont besoin de plus de présence, de plus d'accompagnement, de plus de République. Avec vos coupes budgétaires, cela ne sera plus possible.
Qui entretiendra nos espaces publics, dans des territoires parmi les plus verts de France ? Qui accompagnera nos aînés, alors que le secteur médico-social est en pleine explosion ? Derrière chaque PEC, monsieur le ministre, il y a un service public qui tient.
Comme si cela ne suffisait pas, on affaiblit de nouveau le logement : alors que 50 000 Réunionnais attendent un logement social, on réduit de 40 % la ligne budgétaire unique en 2026.
Moins d'emplois, moins de logements, mais toujours plus de vie chère... En définitive, quelle est votre stratégie pour les outre-mer : la résignation ou l'égalité réelle ? Quand cesserons-nous de faire des économies sur les territoires qui ont le plus besoin de République ? Je vous demande donc la transparence, monsieur le ministre : combien de PEC y aura-t-il en 2026 ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER. - M. Robert Wienie Xowie applaudit également.)
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Réponse du Ministère du travail et des solidarités publiée le 16/04/2026
Réponse apportée en séance publique le 15/04/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.
M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Madame la sénatrice, vous m'interrogez sur les parcours emploi compétences, qui font partie de la grande famille des contrats aidés.
L'enveloppe globale du budget consacré à l'insertion en 2026 l'illustre, le Gouvernement a très clairement choisi, à la suite des débats parlementaires et du vote des budgets, de privilégier assez logiquement les dispositifs qui répondent le plus efficacement à l'objectif majeur d'insertion durable dans l'emploi, par exemple l'insertion par l'activité économique ou les dispositifs spécifiques à l'accompagnement des jeunes.
Toutes les études le démontrent, les parcours emploi-compétences et, plus généralement, les contrats aidés occasionnent quelques effets d'aubaine sans avoir une très forte incidence sur le retour à l'emploi. C'est pourquoi nous poursuivons la trajectoire de réduction de ces dispositifs au bénéfice d'autres outils beaucoup plus efficaces.
Pour autant, nous n'arrêtons pas complètement ces dispositifs. En 2026, 15 000 contrats aidés seront financés. L'enveloppe, portée à 33 millions d'euros, permettra la prolongation de certains des contrats en cours, en limitant toute nouvelle entrée.
Je le sais, ces outils sont un sujet sensible pour les collectivités locales, notamment en outre-mer et en particulier à La Réunion. Nous devons faire des choix et donc, je le répète, privilégier les dispositifs dont les résultats en matière d'insertion sont les meilleurs.
Les préfets ont aussi un rôle important à jouer. Il existe une forme de fongibilité des crédits : les préfets peuvent déployer les crédits budgétaires qui leur sont alloués et, à La Réunion comme ailleurs, ajuster les dispositifs pour faire face à des particularités locales quand les besoins le justifient.
Enfin, je crois à l'action des missions locales, qui opèrent un travail de proximité avec les élus locaux et les collectivités locales. Dans tout le monde ultramarin, et à La Réunion en particulier, leurs budgets seront augmentés en 2026.
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