Question de M. LAFON Laurent (Val-de-Marne - UC) publiée le 30/04/2026

Question posée en séance publique le 29/04/2026

M. le président. La parole est à M. Laurent Lafon, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)

M. Laurent Lafon. « L'audiovisuel public est une honte pour nos concitoyens. » Ces propos, qui datent de décembre 2017, sont ceux d'Emmanuel Macron.

Voilà donc près de dix ans que le Président de la République a dressé ce constat sévère sur l'audiovisuel public. Il n'a pas été le premier à le faire et ne sera pas non plus le dernier.

De nombreux rapports se sont en effet succédé depuis, au Sénat, à l'Assemblée nationale, à l'Inspection générale des finances, mais aussi à la Cour des comptes.

À chaque fois, les conclusions sont les mêmes : nous avons besoin d'un audiovisuel public fort, mais celui-ci souffre d'un manque d'adaptation aux nouveaux usages, d'une organisation inadaptée, d'un cadre social sclérosé, d'une absence de coopération entre les entités et d'un public qui vieillit et qui ne se renouvelle pas.

Et pourtant, en dix ans, la situation n'a pas évolué. Nous sommes bien placés ici, au Sénat, pour le dire, nous qui, conscients depuis de nombreuses années des faiblesses et des fragilités de notre audiovisuel public, avons voté à deux reprises la création de la holding, afin de permettre à l'audiovisuel public de s'adapter et d'améliorer sa gestion.

Hélas, l'État, actionnaire à 100 % des structures de l'audiovisuel public, utilise la technique du stop and go, incarnée par les six ministres de la culture qui se sont succédé en dix ans, certains s'étant prononcés en faveur de la réforme, d'autres ayant préféré s'abriter derrière un statu quo sans doute plus confortable.

Résultat, la politique de l'État est devenue illisible, engendrant l'immobilisme du secteur. Comment ne pas penser que, si le Gouvernement avait eu le courage d'aller au bout de la réforme proposée par le Sénat, le débat de ces dernières semaines à l'Assemblée nationale n'aurait pas eu le même écho ?

Madame la ministre, ma question est simple : quel est aujourd'hui votre projet pour l'audiovisuel public ? (Applaudissements sur les travées des groupes UC, ainsi que sur des travées des groupes INDEP et Les Républicains.)

M. Max Brisson. Très bien !

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Réponse du Ministère de la culture publiée le 30/04/2026

Réponse apportée en séance publique le 29/04/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre de la culture.

Mme Catherine Pégard, ministre de la culture. Monsieur le président Laurent Lafon, je connais votre engagement personnel sur cette question, qui occupe le débat public depuis plusieurs mois.

Je comprends votre impatience. Vous le savez, les conditions ne semblaient pas réunies pour créer un consensus et avancer de manière sereine sur les propositions que votre assemblée a soutenues.

Depuis plusieurs mois néanmoins, le Gouvernement a engagé un travail pour poursuivre la nécessaire transformation de l'audiovisuel public et lui donner une nouvelle ambition, car c'est de cela qu'il s'agit.

M. Max Brisson. La blague !

Mme Catherine Pégard, ministre. Ainsi, le Premier ministre a demandé à France Télévisions de tirer les conséquences du récent rapport de la Cour des comptes.

La direction de France Télévisions s'y est engagée rapidement. Des mesures pour parfaire et garantir son exemplarité ont d'ores et déjà été annoncées.

Par ailleurs, cela ne vous satisfera peut-être pas, mais nous élaborons, en lien avec les entreprises concernées, les contrats d'objectifs et de moyens qui fixeront leurs priorités stratégiques, lesquelles seront présentées au Parlement cet été.

Au-delà, il est de la responsabilité du Gouvernement que l'audiovisuel public relève les défis de notre société : les menaces de la désinformation, l'accès de tous à la culture ou encore la reconquête des jeunes publics, qui sont de plus en plus dépendants des réseaux sociaux.

Mesdames, messieurs les sénateurs, même si l'on est impatient, il ne faut pas se tromper de débat. Les entreprises de l'audiovisuel public répondent à une véritable mission de service public.

M. Max Brisson. La holding !

Mme Catherine Pégard, ministre. Nous y sommes toutes et tous attachés. L'horizon qui est le nôtre désormais est de bâtir le service public de l'audiovisuel des années qui viennent, au service de tous les Français.

M. Max Brisson. Répondez à la question !

Mme Catherine Pégard, ministre. Pour moi, le statu quo n'est pas envisageable. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

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