Question de Mme JOSENDE Lauriane (Pyrénées-Orientales - Les Républicains) publiée le 02/04/2026
Mme Lauriane Josende attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la pénurie particulièrement préoccupante de neurologues en Occitanie et sur les conséquences directes de cette situation pour l'accès aux soins de nos concitoyens.
La neurologie constitue en effet un enjeu majeur de santé publique, tant pour la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux que pour le suivi de nombreuses pathologies neurologiques chroniques et invalidantes. Or la prévalence de ces pathologies ne cesse d'augmenter, dans une région qui présente une population proportionnellement plus âgée que l'ensemble du territoire métropolitain.
Dans ce contexte, la pénurie de neurologues conduit déjà de nombreux patients à être insuffisamment, voire pas du tout, suivis de manière spécialisée, avec un risque accru de perte de chance. La situation est d'autant plus préoccupante que près de 20 % des postes sont aujourd'hui vacants au sein des services de neurologie de la région. Cette pénurie touche tout autant l'hôpital que l'exercice libéral.
Dans certains départements, le service de neurologie constitue l'unique ressource spécialisée du territoire. Les Hautes-Pyrénées ont ainsi subi la fermeture de l'unité de neurologie vasculaire, seule structure permettant notamment la prise en charge en urgence des patients victimes d'accident vasculaire cérébral dans ce département, en raison du départ à la retraite des neurologues et de l'impossibilité de trouver des remplaçants. Plus largement, les remplacements et les recrutements de neurologues apparaissent aujourd'hui impossibles faute de candidats.
Cette situation résulte notamment du maintien, au niveau national, d'un nombre insuffisant de postes d'internes en neurologie, sans lien avec l'augmentation des besoins, les innovations thérapeutiques ou les recommandations nationales. En Occitanie, le nombre de postes d'internes en neurologie est demeuré fixé à dix pour l'année 2025-2026, comme depuis plus de dix ans, ce qui ne permet ni de compenser la pénurie actuelle ni d'anticiper celle à venir. Il apparaît par ailleurs que l'agence régionale de santé Occitanie a alerté à plusieurs reprises les instances nationales sur ce constat et avait notamment proposé que la région puisse être pilote en matière d'autonomie dans la répartition des postes d'internes par spécialité, proposition qui n'a pas été retenue. Pourtant, les établissements de la région Occitanie-Ouest et la faculté de Toulouse seraient en mesure d'assumer au moins huit internes de neurologie par an, tandis que les établissements de la région Occitanie-Est et la faculté de Montpellier-Nîmes pourraient accueillir et former au moins sept internes par an.
Aussi, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour éviter une aggravation de cette pénurie et garantir un accès équitable aux soins neurologiques aigus et chroniques en Occitanie. Elle lui demande également s'il envisage d'augmenter significativement le nombre de postes d'internes en neurologie dans cette région afin de répondre à l'urgence sanitaire constatée et de prévenir de nouvelles fermetures de structures indispensables à la prise en charge des patients.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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