Question de M. GROSPERRIN Jacques (Doubs - Les Républicains) publiée le 02/04/2026

M. Jacques Grosperrin interroge Mme la ministre de la culture sur la question de la vente du Désespéré de Gustave Courbet et sur la communication des documents administratifs liés à cette vente.
Il souhaite attirer son attention sur la vente du Désespéré de Gustave Courbet au musée de Doha (Qatar), l'une des toiles les plus iconiques de l'artiste, emblématique de la peinture du XIXe siècle. Cet achat - fait à ce stade sans autorisation définitive d'exporter - a suscité des interrogations de la part de nombreux amateurs d'art, d'élus et de citoyens locaux et nationaux. Une interrogation tient à la teneur des conventions signées avec le musée de Doha. Selon le musée d'Orsay, l'oeuvre sera « exposée un temps [au Qatar] (sous régime d'autorisation de sortie temporaire pour exposition) puis, par rotation, entre Paris et Doha (toujours sous ce même régime) ». Il souhaite comprendre comment une « exportation temporaire », prévue par le code du patrimoine « à titre dérogatoire » pour « une restauration, une expertise ou la participation à une exposition », pourrait permettre l'intégration périodique d'une oeuvre aux collections permanentes d'un musée étranger ? Une exposition temporaire semble en effet devoir être limitée dans le temps (quelques mois au plus), non récurrente et dotée d'un propos scientifique.
Il lui demande comment elle justifie l'arrêté d'insaisissabilité du tableau signé par le ministère le 10 juin 2025, alors que l'oeuvre est réputée conservée en France.
Comment est-il possible d'avoir connaissance de cette exportation puisque la consultation publique de la « base Hermès » des certificats d'exportations est systématiquement refusée, notamment à l'association Sites & Monuments, malgré son caractère de document administratif et la possibilité d'en réaliser des extractions sans élément personnel.
Enfin, le dispositif de protection de nos trésors nationaux reposant, sur le paiement de l'oeuvre à sa « valeur internationale », comment garantir son maintien définitif en France ? En effet, le budget annuel alloué par le ministère de la culture pour les acquisitions de l'ensemble des musées stagne, depuis des années, malgré les protestations régulières des associations, autour de 10 millions d'euros alors que d'autres musées étrangers disposent de centaines de millions de budget d'acquisition, tandis que le Qatar est susceptible de mobiliser, certaines années, l'équivalent d'un milliard d'euros à cette fin.
Il lui demande de lui communiquer ces informations qui sont essentielles à la compréhension des enjeux de cette transaction afin de s'assurer à ce que les dispositions légales qui protègent notre patrimoine culturel sont pleinement respectées.

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En attente de réponse du Ministère de la culture.

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