Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE-K) publiée le 02/04/2026

M. Fabien Gay attire l'attention de M. le Premier ministre sur la situation de Kem One.

En 2021, cet acteur français majeur du PVC, de la soude et des produits dérivés du chlore, a été racheté par le fonds d'investissement Apollo Global Management.

Après 5 ans de reprise, le fonds cherche désormais à se désengager, en invoquant la situation financière très dégradée de l'entreprise.

En effet, lors de sa prise de contrôle par le financier américain, Kem One comptait environ 10 millions d'euros de dettes, qui s'élèvent désormais à 700 millions d'euros, et les 450 millions d'euros d'obligations de l'entreprise sont extrêmement décotés et proches de zéro.

Mais cette dégradation n'est pas le fruit du hasard : elle résulte d'un recours massif au montage financier du rachat avec effet de levier, qui génère beaucoup d'endettement, et résulte donc de choix purement financiers qui ont vidé l'entreprise de sa capacité d'investissement et l'ont placée sous la coupe de créanciers spéculatifs qui n'ont aucune vision industrielle.

Selon la Confédération générale du travail (CGT), Kem One a été utilisé par le fonds d'investissement propriétaire comme un simple instrument de stratégies financières complexes menées par plusieurs fonds, au moyen d'obligations surendettées, de ventes à découvert et de produits dérivés de crédit.

En effet, alors qu'Apollo Global Management a les moyens d'injecter des fonds propres pour redresser Kem One, sa direction a choisi de recourir à des financements de détresse avant d'annoncer son retrait.

Parallèlement, ce syndicat indique que des acteurs financiers ont apporté des prêts dits « super-seniors », positionnés tout en haut de la chaîne de remboursement, et se sont regroupés au sein d'un groupe d'obligataires contrôlant une part majoritaire de la dette, avec l'objectif de sécuriser leurs intérêts avant ceux de l'entreprise et de ses salariés.

Tout cela aura pour effet de laisser la main à ces fonds spéculatifs qui parient désormais sur la défaillance du fabriquant et, au-delà, sur l'affaiblissement de la chimie européenne, en profitant de vents contraires structurels comme l'afflux de PVC chinois à bas prix sur le marché européen.

De plus, cette logique court-termisme ne met pas seulement en danger l'équilibre financier de l'entreprise mais elle pèse aussi sur sa capacité à maintenir au meilleur niveau la sécurité de ses installations et de ses procédés, sur des sites classés à risque SEVESO au coeur de bassins de population et d'activités économiques.

Ainsi, les personnes salariées de Kem One craignent une restructuration de la dette sous forte pression financière et, à terme, un possible dépeçage « par appartement » des actifs industriels, voire d'une fermeture complète actant la disparition de Kem One.

Cette situation est inacceptable : cette entreprise industrielle est rentable et performante dès lors que les investissements nécessaires sont réalisés pour maintenir l'outil de travail, garantir la sécurité et améliorer l'efficacité énergétique.

Son activité fait vivre plus de 1 300 salariés et l'ensemble du bassin d'activité et de vie, et ne peut cesser sur simple décision de décisions spéculatives guidées par un profit de court terme.

Ce risque de nouvelle désindustrialisation est alarmante.

Il lui demande donc de quelle manière le Gouvernement entend agir pour protéger Kem One et exiger le maintien des emplois, de l'activité et de l'innovation.

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En attente de réponse du Premier ministre.

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