Question de M. CHANTREL Yan (Français établis hors de France - SER) publiée le 02/04/2026
M. Yan Chantrel attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la nécessité de prendre toutes les mesures nécessaires pour augmenter significativement le nombre de donneurs français de moelle osseuse.
Chaque année, plus de 2 000 patients, nécessitent une greffe de moelle osseuse pour traiter des pathologies graves du sang, notamment les leucémies. Cette greffe suppose une compatibilité biologique étroite entre donneur et receveur, laquelle demeure rare : elle est estimée à une chance sur quatre au sein de la fratrie et à une sur un million en moyenne en dehors du cadre familial. Cette situation entraîne des délais d'attente importants, impliquant des hospitalisations prolongées et coûteuses pour les patients.
Pourtant, le don de moelle osseuse repose sur une démarche simple, encadrée et sans conséquence majeure pour la santé du donneur. Les personnes âgées de 18 à 35 ans peuvent s'inscrire en ligne sur le registre national des donneurs de moelle osseuse géré par l'Agence de la biomédecine, et y demeurer jusqu'à l'âge de 60 ans, après avoir répondu à un questionnaire de santé et réalisé un prélèvement biologique salivaire depuis chez eux. Si une compatibilité est établie avec un patient, le donneur est ensuite contacté pour un prélèvement sanguin dans 80 % des cas.
Malgré ces conditions favorables, le registre français ne se classe qu'à la seizième place mondiale avec 421 223 donneurs inscrits en décembre 2025, loin derrière les registres américain, allemand et brésilien, qui en recensent respectivement 7,8 millions, 7,4 millions et 5,2 millions. Cet écart significatif interroge sur l'efficacité des dispositifs actuels de recrutement et de sensibilisation de la population au don de moelle osseuse. De plus, plusieurs milliers de donneurs sont retirés chaque année du registre en raison de l'âge ou de leur état de santé, nécessitant un renouvellement constant des inscrits.
Dans un rapport d'information sénatoriale publié le 6 février 2024 par la commission des affaires sociales, la directrice de l'Agence de la biomédecine auditionnée alertait sur les conséquences budgétaires et logistiques d'un doublement de la taille du registre des donneurs. L'augmentation de 400 000 à 800 000 donneurs, coûterait à minima 100 millions d'euros. Le recrutement de donneurs coûte cher, nécessite des campagnes de communication, la mobilisation de personnel pour accueillir les donneurs dans les établissements de santé et tenir à jour le registre. La présidente de la 6e chambre régionale des comptes interrogée également durant l'audition, pointait « une recherche de donneurs volontaires de moelle osseuse insuffisante, appelant des réformes structurelles ».
Dans ce contexte, marqué notamment par la médiatisation du petit Elio 4 ans, atteint d'une leucémie agressive en attente d'un donneur compatible, il apparaît pourtant indispensable d'accroître significativement le nombre de donneurs français de moelle osseuse afin de réduire les délais d'attente. Les campagnes de dons pourraient être réalisées chaque année à la rentrée universitaire et pourraient se traduire également par l'envoi d'un courrier annuel pour les personnes de 18 à 35 ans remplissant les critères requis.
Il lui demande si des réformes supplémentaires sont envisagées afin de permettre d'augmenter significativement le nombre de donneurs français et sauver des vies.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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