Question de M. CAPO-CANELLAS Vincent (Seine-Saint-Denis - UC) publiée le 30/04/2026
Question posée en séance publique le 29/04/2026
M. le président. La parole est à M. Vincent Capo-Canellas, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC. - Mme Marie-Claire Carrère-Gée applaudit également.)
M. Vincent Capo-Canellas. Monsieur le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, on parle beaucoup, à juste titre, du prix des carburants. Je voudrais aborder la question de notre approvisionnement.
M. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a déclaré...
M. Yannick Jadot. Amen !
M. Vincent Capo-Canellas. ... que si le conflit en Iran durait encore deux ou trois mois, nous entrerions dans une ère de pénurie énergétique.
Cette déclaration a créé une inquiétude légitime chez nos compatriotes s'agissant de l'approvisionnement en carburant. Pouvons-nous nous passer durablement de 20 % de la production mondiale ?
Au même moment, plusieurs compagnies aériennes, surtout low cost, ont annoncé qu'elles annulaient des vols en raison du doublement du prix du kérosène.
Mes questions, monsieur le ministre, sont donc simples. Quelles mesures prenez-vous ou envisagez-vous de prendre pour garantir l'approvisionnement de nos compatriotes en carburant ? En ce qui concerne le transport aérien, avez-vous des inquiétudes quant à l'approvisionnement en kérosène ? Quelles mesures envisagez-vous de prendre, en concertation avec les acteurs de ces filières ? Nos compatriotes sont légitimement inquiets. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
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Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 30/04/2026
Réponse apportée en séance publique le 29/04/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur, je vous remercie de votre question, qui me permet de faire le point sur l'enjeu majeur que constitue l'approvisionnement en carburant.
Dans certaines régions du monde, on manque d'essence et de kérosène. C'est le cas notamment en Asie, où des mesures de restriction fortes ont été prises. Pour donner un ordre d'idées, le Japon a ainsi libéré 80 millions de barils de ses stocks stratégiques.
Toutefois, ces enjeux d'approvisionnement n'existent absolument pas en France ou en Europe aujourd'hui, sauf en Italie pour le gaz. Vous pouvez être rassuré sur ce point.
Bien évidemment, le Gouvernement suit la situation de très près, mois par mois, car bien malin qui peut dire dans quel état sera le monde, le golfe Persique et le détroit d'Ormuz dans un, trois ou six mois... Nous devons donc adapter nos réponses à l'évolution de la situation.
J'avais eu l'occasion de dire, à la fin du mois de mars, que nous n'aurions aucun problème d'approvisionnement au mois d'avril. Les faits m'ont donné raison. De même, je suis en mesure de vous dire que nous ne sommes pas non plus inquiets pour le mois de mai.
Vous m'interrogez sur la coopération et la coordination avec l'ensemble des acteurs. Nous évoquons régulièrement la situation avec eux, qu'il s'agisse des metteurs en marché ou des clients, comme les compagnies aériennes ou les aéroports. J'y insiste, il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour le mois de mai.
Si la crise venait à se prolonger au-delà, nous disposons de marges de manoeuvre pour répondre à d'éventuels problèmes d'approvisionnement : nos stocks stratégiques s'élèvent à 100 millions de barils, sur lesquels nous n'avons prélevé que 2 millions. Nous n'avons pas du tout entamé nos stocks de kérosène. Nous pouvons donc répondre à d'éventuels enjeux d'approvisionnement dans la durée. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir non plus sur ce point.
Pour autant, comme vous l'avez dit, un certain nombre de questions commencent à se poser du côté des compagnies aériennes. Nous avons prévu, avec mon collègue Philippe Tabarot, ministre des transports, qui participe actuellement au Conseil européen consacré aux transports à Chypre, de rencontrer, dès son retour, les compagnies aériennes pour faire le point avec elles sur l'ensemble des enjeux qui vont se poser à l'approche des vacances : nous parlerons ainsi des volumes, des prix, des politiques d'annulation, du respect et de la protection des consommateurs, etc. Voilà autant de sujets très importants que nous ne manquerons pas d'aborder avec eux. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Vincent Capo-Canellas, pour la réplique.
M. Vincent Capo-Canellas. Merci, monsieur le ministre, de votre réponse.
Nous mesurons les difficultés et nous appelons le Gouvernement à maintenir cette mobilisation vigilante dont vous nous faites part sur la question essentielle de l'approvisionnement en carburant.
Dans le secteur aérien spécifiquement, on observe, comme vous l'avez relevé vous-même, un effet-prix. En raison du doublement du prix du kérosène, les compagnies n'ont plus grand intérêt à assurer les vols vers certaines destinations. Elles disposent de peu de leviers d'action.
Des mesures techniques, à l'échelle européenne, pourraient être envisagées pour permettre aux compagnies de faire face à la crise et pour rassurer globalement nos compatriotes sur leurs trajets de l'été. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
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